Pour un changement de paradigme des représentations sur les anglicismes

Les  haters d’hier sont-ils les  haters d’aujourd’hui ? Depuis le pamphlet d’Étiemble paru en 1964, les puristes n’ont jamais manqué de nous alerter contre les prétendus dangers du « franglais », qui semble pourtant avoir essaimé jusqu’au plus haut sommet de notre  startup nation puisque l’Académi...

Full description

Saved in:
Bibliographic Details
Main Author: Julia, Léopold
Format: Article ou chapitre numérique
Language:Français
Published: 2024
Subjects:
Online Access:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Description
Summary:Les  haters d’hier sont-ils les  haters d’aujourd’hui ? Depuis le pamphlet d’Étiemble paru en 1964, les puristes n’ont jamais manqué de nous alerter contre les prétendus dangers du « franglais », qui semble pourtant avoir essaimé jusqu’au plus haut sommet de notre  startup nation puisque l’Académie française elle-même rendait en 2020 son « Rapport de la commission d’étude sur la communication institutionnelle en langue française », y déplorant l’usage outrancier des anglicismes. De façon ambiguë, si les discours normativo-prescriptifs sur la langue ont souvent émané, récemment, d’un conservatisme plutôt de droite, c’est aujourd’hui le néolibéralisme issu du même côté de l’échiquier politique qui emprunte excessivement à l’anglais. Témoins de ce « en même temps » politico-linguistique, certaines représentations sur les anglicismes révèlent finalement, plus qu’une dissonance cognitive, un rappel de la dichotomie saussurienne entre langue et parole et, in fine, un potentiel changement de paradigme.