« On va arrêter de se raconter des choses qui servent à rien » Le barrage à la subjectivité dans les pratiques discursives d’accompagnement des évolutions professionnelles

Dans la société contemporaine, la généralisation d’une norme d’individualisation signe l’injonction faite à l’individu de développer lui-même les conditions d’une intégration sociale, qui n’est plus donnée par les grandes appartenances institutionnelles. La réflexivité biographique et la capacité...

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Auteur principal: Glady, Marc
Format: Article ou chapitre numérique
Langue:Français
Publié: 2016
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Accès en ligne:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Description
Résumé:Dans la société contemporaine, la généralisation d’une norme d’individualisation signe l’injonction faite à l’individu de développer lui-même les conditions d’une intégration sociale, qui n’est plus donnée par les grandes appartenances institutionnelles. La réflexivité biographique et la capacité de développer un projet de soi sont au cœur de ces nouvelles formes de socialisation. Dans le domaine de l’emploi, le développement par la loi d’une offre de conseil en évolution professionnelle manifeste l’objectif explicite de faire progresser le niveau d’autonomie des salariés en accompagnant leurs projets de repositionnement professionnel. Les sociologues soulignent toutefois l’ambiguïté de cet appel à la subjectivité, qui peut conduire à assujettir le bénéficiaire au nom du soutien à son autonomie. Explorant cette hypothèse, l’article donne à voir les effets pervers d’un encadrement instrumental de la réflexivité biographique du sujet. À travers l’analyse des pratiques discursives saisies dans deux dispositifs d’accompagnement différenciés, il montre que la référence au principe de réalité fonctionne comme un outil de conduite des interactions qui barre l’accès tant à l’exploration subjective qu’aux dynamiques intersubjectives de la relation.