Impératifs linguistiques, inerties socioculturelles

Les sociétés arabophones se sont enfermées dans la logique d’une immuable diglossie , depuis que la conquête arabe avait introduit en Ifriqia, dans son sillage, la « soupe » (dans le sens de la fusion cosmique originelle) des dialectes d’Arabie parlés par les soldats, en même temps la langue du Liv...

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Dades bibliogràfiques
Autor principal: Youssi, Abderrahim
Format: Article ou chapitre numérique
Idioma:Français
Publicat: 2013
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Descripció
Sumari:Les sociétés arabophones se sont enfermées dans la logique d’une immuable diglossie , depuis que la conquête arabe avait introduit en Ifriqia, dans son sillage, la « soupe » (dans le sens de la fusion cosmique originelle) des dialectes d’Arabie parlés par les soldats, en même temps la langue du Livre sacré. Cet arabe littéral strictement codifié et uniquement écrit se stabilisera partout pour servir d’unique levier de pouvoir des clercs et du leadership des élites. Aujourd’hui, ces sociétés se présentent, toutes, extrêmement démunies face aux défis du monde moderne. La logique de la diglossie a toujours imposé une division du travail, entre élites lettrées, donc dirigeantes, et masses analphabètes vouées aux tâches manuelles. Cette répartition a pour fondement, par conséquent, la répartition des fonctions linguistiques, institutionnalisant la dualité entre l’arabe classique, idéalisé et connoté de toutes les vertus, d’une part, et les parlers maternels, fortement stigmatisés, d’autre part. Cette communication s’attache à démontrer que, contrairement à l’attitude dogmatique opposant l’arabe parlé à la fuçha, il est impératif de jeter des ponts entre les deux variétés de manière structurée. L’ouverture de l’esprit de l’apprenant sur le monde environnant, le partage des savoirs, la stimulation des facultés créatrices des membres de la société ne pouvant s’effectuer qu’au moyen de la langue maternelle, on démontre que cette mise en place de passerelles entre la langue classique et la langue maternelle est possible dans l’enseignement et la transmission des savoirs en général, et que ces passerelles seront aisées matériellement, et salutaires pour l’avenir de nos sociétés, voire qu’un apprentissage efficace de la fuçha passe par la valorisation de la langue maternelle.