Du français comme “droit” au français comme “valeur ajoutée” : de la politique à l'économique au Canada.

RésuméLe discours sur la langue a beaucoup évolué au Canada. Longtemps pensée comme un aspect parmi d’autres des critères de distinction entre groupes culturels ou « raciaux », distinction servant de principe de stratification sociale dans l’économie coloniale canadienne, la langue devient le terrai...

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Autor principal: Heller, Monica
Format: Article ou chapitre numérique
Idioma:Français
Publicat: 2011
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id cairn-LS_136_0013
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spelling cairn-LS_136_0013LSLangage et société https://shs.cairn.info/revue-langage-et-societe-2011-2-page-13?lang=fr https://doi.org/10.3917/ls.136.0013 Du français comme “droit” au français comme “valeur ajoutée” : de la politique à l'économique au Canada. Heller, Monica2011 Canadacommodificationéconomiefrançaisnationalismepolitique linguistiqueCanadacommodificationeconomyFrenchlinguistic policiesnationalismfre Langage et société | 136 | 2 | 2011-06-01 | p. 13-30 | 0181-4095 LS_13669 RésuméLe discours sur la langue a beaucoup évolué au Canada. Longtemps pensée comme un aspect parmi d’autres des critères de distinction entre groupes culturels ou « raciaux », distinction servant de principe de stratification sociale dans l’économie coloniale canadienne, la langue devient le terrain central de lutte contre la marginalisation économique chez les francophones au milieu du XXe siècle. Les revendications nationalistes québécoises ont fait du bilinguisme anglais-français une valeur centrale associée aux droits et aux obligations de la citoyenneté canadienne à partir des années 1960. Le français est traité comme un droit collectif. Ce discours existe toujours, surtout au sein des organismes étatiques québécois, mais à partir d’environ 1990, il est remplacé autant dans le discours gouvernemental fédéral, dans le milieu associatif de la francophonie des autres provinces canadiennes, qu’au sein d’une partie de la population québécoise, par un discours insistant sur le poids économique du marché francophone, sur la valeur du français et de l’authenticité culturelle francophone perçus comme biens d’échange sur le marché de la nouvelle économie mondialisée, et sur le développement économique des collectivités francophones. Dans cet article, je fournis une description de ce changement discursif à partir d’exemples tirés d’une ethnographie visant les espaces discursifs institutionnalisés au centre de la production de discours sur la francophonie au Canada. Je termine en soulevant des questions concernant ce que ce changement peut vouloir dire pour la reproduction de la catégorie « francophone » conçue en tant qu’élément de l’organisation de la division du travail au Canada.From French as “right” to French as “value added”: from politics to economics in CanadaDiscourse about language has changed a great deal in Canada. For much of Canadian history, language was thought of as one dimension among others serving to make distinctions among cultural or “racial” groups, distinctions which were harnessed to social stratification in the colonial economy. It became the central terrain of struggle against economic marginalization of francophones in the middle of the twentieth century. Québécois nationalist claims made French-English bilingualism a central value associated with the rights and obligations of Canadian citizenship starting in the 1960s. In this period, French is understood as a collective right. This discourse still exists, especially within the agencies of the Québec state, but starting from around 1990, it is replaced in the discourse of the federal government, as well as in the institutions of francophones in the other provinces, as well as among some Québécois, by a discourse emphasizing the importance of the francophone market,, the value of French and of authentic francophone cultural identity understood as commodities in the globalized new economy, and the collective economic development of francophone communities. In this article I will describe this discursive change, drawing on ethnographic work in the central institutional spaces of production of discourse about what “francophone” and “French” mean in Canada. I raise questions, finally, about what these changes mean for the ways the category “francophone” may remain a principle of the organization of labour in Canada.Cairn free access
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