Du français comme “droit” au français comme “valeur ajoutée” : de la politique à l'économique au Canada.

RésuméLe discours sur la langue a beaucoup évolué au Canada. Longtemps pensée comme un aspect parmi d’autres des critères de distinction entre groupes culturels ou « raciaux », distinction servant de principe de stratification sociale dans l’économie coloniale canadienne, la langue devient le terrai...

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Auteur principal: Heller, Monica
Format: Article ou chapitre numérique
Langue:Français
Publié: 2011
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Accès en ligne:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Description
Résumé:RésuméLe discours sur la langue a beaucoup évolué au Canada. Longtemps pensée comme un aspect parmi d’autres des critères de distinction entre groupes culturels ou « raciaux », distinction servant de principe de stratification sociale dans l’économie coloniale canadienne, la langue devient le terrain central de lutte contre la marginalisation économique chez les francophones au milieu du XXe siècle. Les revendications nationalistes québécoises ont fait du bilinguisme anglais-français une valeur centrale associée aux droits et aux obligations de la citoyenneté canadienne à partir des années 1960. Le français est traité comme un droit collectif. Ce discours existe toujours, surtout au sein des organismes étatiques québécois, mais à partir d’environ 1990, il est remplacé autant dans le discours gouvernemental fédéral, dans le milieu associatif de la francophonie des autres provinces canadiennes, qu’au sein d’une partie de la population québécoise, par un discours insistant sur le poids économique du marché francophone, sur la valeur du français et de l’authenticité culturelle francophone perçus comme biens d’échange sur le marché de la nouvelle économie mondialisée, et sur le développement économique des collectivités francophones. Dans cet article, je fournis une description de ce changement discursif à partir d’exemples tirés d’une ethnographie visant les espaces discursifs institutionnalisés au centre de la production de discours sur la francophonie au Canada. Je termine en soulevant des questions concernant ce que ce changement peut vouloir dire pour la reproduction de la catégorie « francophone » conçue en tant qu’élément de l’organisation de la division du travail au Canada.