Evangelia ADAMOU (dir.), Le nom des langues II. Le patrimoine plurilingue de la Grèce, 2008, Louvain, Peeters Louvain-La-Neuve, collection « Le nom des langues », 153 pages : Compte rendu de Josiane Boutet (Université Paris IV et Paris VII)
À l'inverse des études littéraires, la sociologie s’est jusqu’ici peu penchée sur les intellectuels ayant adopté une langue de travail différente de leur langue maternelle. En s’appuyant sur le cas d’intellectuels maghrébins et moyen-orientaux travaillant en français à Paris, cet article che...
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| Autori principali: | , |
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| Natura: | Article ou chapitre numérique |
| Lingua: | Français |
| Pubblicazione: |
2009
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| Accesso online: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Riassunto: | À l'inverse des études littéraires, la sociologie s’est jusqu’ici peu penchée
sur les intellectuels ayant adopté une langue de travail différente de leur
langue maternelle. En s’appuyant sur le cas d’intellectuels maghrébins
et moyen-orientaux travaillant en français à Paris, cet article cherche à
mettre en lumière les conditions socio-historiques à la base de ces phénomènes
de bilinguisme scientifique. Il montre en particulier comment
une connaissance précoce du français, acquise dès le pays d’origine des
intellectuels, a permis à ces derniers de s’insérer dans les réseaux académiques
français. L’article retrace les trajectoires d’apprentissage linguistique
d'intellectuels arabes en les articulant à la fois à un cadre historique
large (celui de l’influence culturelle française qui se développe avec les
colonisations) et à un schéma sociologique qui montre comment, selon
les pays, la francophonie a été l’apanage de groupes sociaux différents. À
travers ces analyses, on cherche cependant à aller plus loin que la thèse
du « colonialisme linguistique ». L’article montre en effet qu’une même
situation de domination peut avoir, au niveau des langues, des retraductions
différentes et, souvent, plus complexes qu’un simple schéma
langue dominante/dominée ne le laisse penser. Le recours à des terrains
différents, autant dans l’espace que dans le temps, permet d’apercevoir
combien l’usage que des intellectuels font d’une langue « étrangère », le
français, a pu varier : des intellectuels maghrébins élevés pendant la colonisation,
bien qu’historiquement plus soumis à la domination coloniale,
ont pu développer un rapport plus critique au français que ceux nés
après les décolonisations. De la même façon, le rapport au français des
intellectuels du Moyen-Orient doit être compris par rapport à la position
sociale particulière que ces derniers occupent, et aux rapports particuliers
qu’elle détermine à l’arabe. L’article propose donc d’affiner une approche
politique du facteur linguistique en s’intéressant plus précisément aux
usages que les intellectuels font des langues, montrant ainsi comment
une langue, reçue dans une situation historique de domination, peut
néanmoins être investie d’un sens qui ne lui est pas réductible. |
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