Sur le statut « ontologique » de certains concepts : discussion avec Laurence Kaufmann

À l'inverse des études littéraires, la sociologie s’est jusqu’ici peu penchée sur les intellectuels ayant adopté une langue de travail différente de leur langue maternelle. En s’appuyant sur le cas d’intellectuels maghrébins et moyen-orientaux travaillant en français à Paris, cet article che...

সম্পূর্ণ বিবরণ

সংরক্ষণ করুন:
গ্রন্থ-পঞ্জীর বিবরন
প্রধান লেখক: Derycke, Marc, Dutrait, François
বিন্যাস: Article ou chapitre numérique
ভাষা:Français
প্রকাশিত: 2009
অনলাইন ব্যবহার করুন:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
বিবরন
সংক্ষিপ্ত:À l'inverse des études littéraires, la sociologie s’est jusqu’ici peu penchée sur les intellectuels ayant adopté une langue de travail différente de leur langue maternelle. En s’appuyant sur le cas d’intellectuels maghrébins et moyen-orientaux travaillant en français à Paris, cet article cherche à mettre en lumière les conditions socio-historiques à la base de ces phénomènes de bilinguisme scientifique. Il montre en particulier comment une connaissance précoce du français, acquise dès le pays d’origine des intellectuels, a permis à ces derniers de s’insérer dans les réseaux académiques français. L’article retrace les trajectoires d’apprentissage linguistique d'intellectuels arabes en les articulant à la fois à un cadre historique large (celui de l’influence culturelle française qui se développe avec les colonisations) et à un schéma sociologique qui montre comment, selon les pays, la francophonie a été l’apanage de groupes sociaux différents. À travers ces analyses, on cherche cependant à aller plus loin que la thèse du « colonialisme linguistique ». L’article montre en effet qu’une même situation de domination peut avoir, au niveau des langues, des retraductions différentes et, souvent, plus complexes qu’un simple schéma langue dominante/dominée ne le laisse penser. Le recours à des terrains différents, autant dans l’espace que dans le temps, permet d’apercevoir combien l’usage que des intellectuels font d’une langue « étrangère », le français, a pu varier : des intellectuels maghrébins élevés pendant la colonisation, bien qu’historiquement plus soumis à la domination coloniale, ont pu développer un rapport plus critique au français que ceux nés après les décolonisations. De la même façon, le rapport au français des intellectuels du Moyen-Orient doit être compris par rapport à la position sociale particulière que ces derniers occupent, et aux rapports particuliers qu’elle détermine à l’arabe. L’article propose donc d’affiner une approche politique du facteur linguistique en s’intéressant plus précisément aux usages que les intellectuels font des langues, montrant ainsi comment une langue, reçue dans une situation historique de domination, peut néanmoins être investie d’un sens qui ne lui est pas réductible.