Comment tenir un registre ?
La distinction entre oral et écrit est présente dans nombre de travaux sur les genres (Bakhtine) et les registres (Halliday) mais elle demeure abstraite, sans lien avec l’analyse des situations d’écriture que nous livrent les enquêtes de terrain. Les problèmes que posent en particulier les objets...
Enregistré dans:
| Hovedforfatter: | |
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| Format: | Article ou chapitre numérique |
| Sprog: | Français |
| Udgivet: |
2008
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| Fag: | |
| Online adgang: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Summary: | La distinction entre oral et écrit est présente dans nombre de travaux sur
les genres (Bakhtine) et les registres (Halliday) mais elle demeure abstraite, sans lien avec l’analyse des situations d’écriture que nous livrent
les enquêtes de terrain. Les problèmes que posent en particulier les objets
écrits sont méconnus des sociolinguistes. Or des courants de recherche
comme la sociologie des textes initiée par D. McKenzie accorde une
grande attention au rôle joué par les formes matérielles dans la construction du sens ou encore, dans une perspective plus cognitiviste, un auteur
comme D. Norman à l’usage des écrits comme mémoire externe, « artefacts cognitifs ».
Dans le prolongement de travaux sur l’analyse des écrits dans l’action,
au travail en particulier, on s’intéresse ici aux objets écrits en prenant
comme terrain d’observation la déclaration des naissances à l’État-Civil.
En quoi l’écriture du registre tenu par l’employé de Mairie participe-t-elle
à la mise en œuvre d’un genre discursif ? Peut-on dissocier la fabrication
d’un objet - le registre d’État-Civil - et l’énonciation linguistique ?
La notion de « genres professionnels » pourrait catégoriser ces activités
d’écriture hautement formalisées, impersonnelles, qui impliquent idéalement le suivi de procédures rigides, garantes de leur force performative.
Mais seule la dimension historique de telles pratiques permet de comprendre que la rigidité qui les caractérise correspond à des enjeux politiques :
c’est l’État qui, par l’intermédiaire de son agent, enregistre et valide les
actes d’État-Civil sur la longue durée. Dans ce cas, tenir un registre c’est
tout autant fabriquer un objet, perpétuer des normes graphiques noter des
informations et perpétuer une institution constitutive de la République.
Au-delà de cet exemple, se pose plus largement la question du statut
des objets écrits, qu’ils soient modestes ou exceptionnels, à la fois supports
de l’écriture et produits par l’acte d’écrire. |
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