Le vicaire savoyard de Rousseau : idiot ou philosophe ?

Le lecteur d’ Émile s’étonne que Rousseau ait introduit un « vicaire » dans le récit de l’histoire de la nature humaine. Le but de cette opération est d’établir la nécessité de l’existence de Dieu dans l’anthropologie sociale pour fonder la morale sur des bases naturelles. Mais les arguments du vica...

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Autore principale: Vargas, Yves
Natura: Article ou chapitre numérique
Lingua:Français
Pubblicazione: 2022
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Accesso online:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Descrizione
Riassunto:Le lecteur d’ Émile s’étonne que Rousseau ait introduit un « vicaire » dans le récit de l’histoire de la nature humaine. Le but de cette opération est d’établir la nécessité de l’existence de Dieu dans l’anthropologie sociale pour fonder la morale sur des bases naturelles. Mais les arguments du vicaire sont surprenants de faiblesse, alliant les contradictions, la pure rhétorique, les sophismes et l’ignorance affichée. Connaissant l’esprit de système de Rousseau, il faut établir la cohérence de cette incohérence. Le vicaire épouse tour à tour les époques contrastées de l’histoire humaine, leur myopie, leur naïveté, mais il les rectifie en gommant leurs erreurs et en instaurant le monothéisme au lieu de l’animisme spontané des premiers hommes. En cela, le vicaire, ni idiot ni philosophe, présente une religion naturelle raisonnée, fruit historique rétroactif des errements de l’histoire humaine.