Aliénor BERTRAND (dir.), Justice écologique, justice sociale. Exemples historiques, analogies contemporaines et théorie politique, Paris, Victoires Éditions, 2015, 164 p. Soraya BOUDIA et Emmanuel HENRY (dir.), La mondialisation des risques. Une histoire politique et transnationale des risques sanitaires et environnementaux, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2015, 212 p.

Cet article étudie la politique de communication des grandes entreprises françaises et leur réaction face aux projets d’enquêtes de sociologie du travail à la fin des années 1950. Il s’appuie sur le cas de Saint-Gobain, dont la glacerie de Chantereine dans l’Oise est alors considérée comme un des fl...

Ausführliche Beschreibung

Gespeichert in:
Bibliographische Detailangaben
1. Verfasser: Le Roux, Thomas
Format: Article ou chapitre numérique
Sprache:Français
Veröffentlicht: 2018
Online Zugang:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Beschreibung
Zusammenfassung:Cet article étudie la politique de communication des grandes entreprises françaises et leur réaction face aux projets d’enquêtes de sociologie du travail à la fin des années 1950. Il s’appuie sur le cas de Saint-Gobain, dont la glacerie de Chantereine dans l’Oise est alors considérée comme un des fleurons industriels français. Cette compagnie fait partie des pionniers en France des « Relations publiques », doctrine selon laquelle les entreprises devraient être des « maisons de verre ». La glacerie de Chantereine fait l’objet d’une intense politique de communication et reçoit de nombreuses visites françaises et étrangères. Pourtant, le sociologue Pierre Naville, qui voulait en faire un des exemples majeurs dans sa grande étude sur l’automation, ne parviendra pas à convaincre la direction de la compagnie de le laisser mener l’enquête in situ. L’entreprise, qui était en train d’améliorer encore son processus de production, ne voulait pas laisser écorner l’image lisse qu’elle entendait donner de son organisation productive. Confrontée aux difficultés pratiques de l’automatisation de ses procédés, l’entreprise se manifestait, en dépit de ses prétentions à la transparence, comme le « laboratoire secret de la production » dénoncé par Karl Marx.