Emmanuel GARNIER, Genève face à la catastrophe, 1350-1950. Un retour d’expérience pour une meilleure résilience urbaine, Genève, Éditions Slatkine, 2016, 196 p.

Cet article étudie la politique de communication des grandes entreprises françaises et leur réaction face aux projets d’enquêtes de sociologie du travail à la fin des années 1950. Il s’appuie sur le cas de Saint-Gobain, dont la glacerie de Chantereine dans l’Oise est alors considérée comme un des fl...

ver descrição completa

Na minha lista:
Detalhes bibliográficos
Autor principal: Vincent, Johan
Formato: Article ou chapitre numérique
Idioma:Français
Publicado em: 2018
Acesso em linha:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Descrição
Resumo:Cet article étudie la politique de communication des grandes entreprises françaises et leur réaction face aux projets d’enquêtes de sociologie du travail à la fin des années 1950. Il s’appuie sur le cas de Saint-Gobain, dont la glacerie de Chantereine dans l’Oise est alors considérée comme un des fleurons industriels français. Cette compagnie fait partie des pionniers en France des « Relations publiques », doctrine selon laquelle les entreprises devraient être des « maisons de verre ». La glacerie de Chantereine fait l’objet d’une intense politique de communication et reçoit de nombreuses visites françaises et étrangères. Pourtant, le sociologue Pierre Naville, qui voulait en faire un des exemples majeurs dans sa grande étude sur l’automation, ne parviendra pas à convaincre la direction de la compagnie de le laisser mener l’enquête in situ. L’entreprise, qui était en train d’améliorer encore son processus de production, ne voulait pas laisser écorner l’image lisse qu’elle entendait donner de son organisation productive. Confrontée aux difficultés pratiques de l’automatisation de ses procédés, l’entreprise se manifestait, en dépit de ses prétentions à la transparence, comme le « laboratoire secret de la production » dénoncé par Karl Marx.