Le récit historique et les intentions des acteurs. Réponse à François Buton

RésuméLa réponse propose de revenir sur trois questions, celle des sources, celle de l’intentionnalité des acteurs et celle de la tension entre vraisemblance et vérité. Faire l’histoire de l’Algérie coloniale, c’est se confronter à l’inégalité des traces conservées selon les lieux et les périodes. D...

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主要作者: Branche, Raphaëlle
格式: Article ou chapitre numérique
語言:Français
出版: 2012
在線閱讀:Accès Université d'Orléans et IFPM
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實物特徵
總結:RésuméLa réponse propose de revenir sur trois questions, celle des sources, celle de l’intentionnalité des acteurs et celle de la tension entre vraisemblance et vérité. Faire l’histoire de l’Algérie coloniale, c’est se confronter à l’inégalité des traces conservées selon les lieux et les périodes. Dans la région de Palestro, la population est encore très majoritairement rurale ; les sources sont ou orales, ou issues du petit nombre des notables indigènes, ou administratives. Le contexte de crise permet de comprendre que, du côté français, l’imaginaire collectif ait eu tendance à se rabattre sur des souvenirs et des images qui associaient ce lieu à la violence des indigènes. La question de l’intention individuelle semble non seulement hors d’atteinte par les sources mais aussi peu pertinente dans le cadre d’analyse choisi ici, qui s’intéresse aux groupes et aux identités collectives. Si le cadre colonial est structurant pour l’ensemble des acteurs, l’autonomie des villageois est dans leur manière de se positionner dans la construction d’une identité collective sur laquelle le FLN prétend exercer une direction exclusive. Pour expliquer les mutilations, aucun lien de causalité simple n’est postulé : l’événement reste fortuit, et identifier la transmission d’un passé violent chez quelques individus ne permet pas d’affirmer que tous ont agi en fonction de ce passé.