Les rapatriés, une histoire en chantier

La crise dans les approvisionnements de 1939-1941 illustre l’interaction entre les décisions prises en haut et celles venues d’en bas, c’est-à-dire à la fois des pouvoirs locaux et de la population. En particulier, l’article montre comment les pressions d’en bas conduisirent à un rétablissement sp...

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Dettagli Bibliografici
Autore principale: Jordi, Jean-Jacques
Natura: Article ou chapitre numérique
Lingua:Français
Pubblicazione: 2001
Accesso online:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Descrizione
Riassunto:La crise dans les approvisionnements de 1939-1941 illustre l’interaction entre les décisions prises en haut et celles venues d’en bas, c’est-à-dire à la fois des pouvoirs locaux et de la population. En particulier, l’article montre comment les pressions d’en bas conduisirent à un rétablissement spontané des pratiques de rationnement. Les causes de la crise doivent être recherchées avant tout dans les déséquilibres structurels de l’économie soviétique des années 1930, auxquels s’ajoutèrent les circonstances spécifiques de la fin de la décennie. Les signes précurseurs de la crise apparurent dès 1938, avec l’émergence de files d’attente devant les magasins de plus en plus spectaculaires, pouvant atteindre plusieurs milliers de personnes, s’étirant du début de la nuit à l’ouverture de magasins pris d’assaut. Cette situation est décrite tant dans des rapports officiels, notamment du N.K.V.D., que dans le courrier envoyé par de simples citoyens exaspérés et au bord de la famine. Le pouvoir central prit des mesures destinées à assurer un approvisionnement convenable pour l’armée et les personnes employées dans les activités stratégiques, en recourant au système des magasins et cantines « fermés », mais se refusa à mettre en place un système général de rationnement comparable à la première moitié des années 1930, malgré les nombreuses pressions qu’il reçut en ce sens. Il chercha également à freiner la demande, encourageant autoconsommation et production locale. Cependant, son impuissance face au développement de la crise le conduisit à recourir à des mesures purement répressives, visant à interdire les files d’attente et à empêcher l’arrivée d’acheteurs dans les grandes villes comparativement mieux approvisionnées. Face à la crise, les initiatives locales se multiplièrent pour instaurer, malgré l’opposition du pouvoir central, des pratiques de rationnement, même si l’introduction de cartes de rationnement ne fut officialisée qu’en juillet 1941.