III. Achenbach chef de la section politique de l’Ambassade personnage-clé de la collaboration

Dans les derniers mois de la guerre, Himmler, convaincu que la capitulation du Reich devenait inévitable, s’engagea, à l’insu de Hitler, dans des tentatives d’obtenir par des concessions dans le domaine concentrationnaire un traitement clément de l’Allemagne de la part des puissances alliées de l’O...

Descripció completa

Guardat en:
Dades bibliogràfiques
Autor principal: Billig, Joseph
Format: Article ou chapitre numérique
Idioma:Français
Publicat: 1974
Accés en línia:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Descripció
Sumari:Dans les derniers mois de la guerre, Himmler, convaincu que la capitulation du Reich devenait inévitable, s’engagea, à l’insu de Hitler, dans des tentatives d’obtenir par des concessions dans le domaine concentrationnaire un traitement clément de l’Allemagne de la part des puissances alliées de l’Ouest1. Ces gestes de bonne volonté de sa part devaient consister dans la libération de certains groupes d’internés. Il s’agissait en particulier des Juifs encore en vie dans les camps. Himmler agissait dans ce sens sous l’influence de Schellenberg, chef du service de renseignements (pays étrangers) à l’Office central de Sécurité du Reich, et du Dr F. Kersten, son médecin personnel qui jouissait d’une situation privilégiée auprès de son patient. En octobre 1944, Himmler accepta une entrevue avec une haute personnalité suisse (J.M. Musy) qui plaida en faveur des internés concentrationnaires. A la suite de cette entrevue, Himmler ordonna la cessation de l’extermination des Juifs dans les chambres à gaz et leur traitement moins inhumain dans les camps. Faut-il rappeler qu’à cette époque la « solution finale de la question juive » se soldait déjà par environ six millions d’exterminés ? Depuis février 1945, Himmler et Schellenberg étaient en pourparlers avec le comte F. Bernadotte, vice-président de la Croix-Rouge suédoise. Le comte Bernadotte s’efforçait de sauver les internés concentrationnaires tandis que Himmler et Schellenberg espéraient entrer par son intermédiaire en contact avec le général Eisenhower. Le projet de Himmler était de prendre la place de Hitler et d’obtenir une capitulation honorable du Reich à l’Ouest tout en continuant la guerre à l’Est. Le général Eisenhower refusa évidemment tout contact avec Himmler. Mais entre temps le comte Bernadotte obtint de la part de ce dernier des promesses en faveur des internés, promesses qui furent, en partie, tenues. Enfin, en avril 1945, alors que les pourparlers avec le comte Bernadotte se poursuivaient, le Dr Kersten, qui résidait alors en Suède, persuada, en accord avec Schellenberg, le Congrès Juif Mondial de déléguer un représentant pour discuter avec Himmler du sauvetage des Juifs. L’entrevue fut organisée et la mission de se rendre dans le Reich, auprès de Himmler, incomba à Norbert Masur, membre du comité directeur du Congrès Juif Mondial en Suède. N. Masur2 et F. Kersten3 ont publié après la guerre leurs souvenirs sur le déroulement de l’entrevue et sur ses résultats. Schellenberg en donna un résumé dans ses mémoires. Jacques Sabille, sur la base des interviews qu’il a eus avec F. Kersten et N. Masur, lui a consacré un chapitre de son ouvrage « Lueurs dans la tourmente », publié en 1956 par le C.D.J.C. Joseph Kessel la raconta dans son ouvrage sur le Dr Kersten4. Nous présentons textuellement, sans commentaire, et pour la première fois en traduction française le compte rendu de N. Masur. Le lecteur saisira sur le vif les impressions et les réflexions de l’auteur. Le texte de N. Masur a été rédigé en allemand, langue maternelle de l’auteur, originaire de Hambourg. Ce texte original a été remis par la veuve de Norbert Masur à notre ami, M. Jacob Robinson, de New York, qui a eu l’amabilité de nous le communiquer.