Cahier couleurs

Si la visibilité constitue à l’âge classique le biais par lequel le souverain se rend accessible à ses sujets, comme celui qui permet aux érudits et aux mondains de découvrir de conserve les confins d’un univers magnifié par les télescopes et les microscopes, le nouveau régime de la vision engendre...

詳細記述

保存先:
書誌詳細
第一著者: Goldstein, Claire
フォーマット: Article ou chapitre numérique
言語:Français
出版事項: 2013
オンライン・アクセス:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
その他の書誌記述
要約:Si la visibilité constitue à l’âge classique le biais par lequel le souverain se rend accessible à ses sujets, comme celui qui permet aux érudits et aux mondains de découvrir de conserve les confins d’un univers magnifié par les télescopes et les microscopes, le nouveau régime de la vision engendre des angoisses inédites concernant l’épistémologie du visible. Les écrits de la fin du XVIIe siècle autour du phénomène des comètes sont révélateurs de l’inquiétude attachée au régime de l’observation. Échappant à l’emprise de l’univers héliocentrique sur lequel Louis XIV a modelé l’ordonnancement de l’État absolutiste, les comètes de 1664 et de 1680 apparaissent comme des points de cristallisation des angoisses contemporaines sur le visible et le quantifiable. Qu’ils soient d’un genre élevé ou mineur, les textes sur celle de 1680 montrent comment l’entremêlement du voir et du discours fictionnel, du témoignage oculaire et du jeu littéraire, constitue une des réponses au bouleversement épistémologique provoqué par un tel événement. Cet article examine les Pensées diverses sur la comète de Bayle, ainsi que les articles parus dans les numéros de janvier et février 1681 du Mercure galant. Dans les deux cas, l’énergie émanant du public fasciné par le spectacle de la comète est l’occasion de problématiser le lien entre vision et connaissance ; et dans les deux cas, l’observation est mise en scène, abandonnant l’épistémologie au champ de la production et de l’imagination littéraires.