Débattre de la différence des sexes, de la politique et de l’inconscient (texte suivi des observations de Jacqueline Rose)

Juliet Mitchell répond à la lecture que Judith Butler fait de son livre Psychanalyse et féminisme. Dans sa réponse, elle commence par clarifier les termes de la discussion, montrant que l’intérêt de Butler pour l’hétéronormativité diffère de l’intérêt de Mitchell pour l’oppression des femmes. Cela...

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Detalles Bibliográficos
Autores principales: Mitchell, Juliet, Bras, Pierre
Formato: Article ou chapitre numérique
Lenguaje:Français
Publicado: 2017
Acceso en línea:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Descripción
Sumario:Juliet Mitchell répond à la lecture que Judith Butler fait de son livre Psychanalyse et féminisme. Dans sa réponse, elle commence par clarifier les termes de la discussion, montrant que l’intérêt de Butler pour l’hétéronormativité diffère de l’intérêt de Mitchell pour l’oppression des femmes. Cela les a conduites à utiliser des termes – plus particulièrement la formule « différence des sexes » –, de manières divergentes, et cela a entraîné confusion et incompréhension. Butler prétend que Mitchell identifie la différence des sexes avec le masculin et le féminin ; Mitchell soutient que ce n’est pas du tout sa perspective. Elle observe que le fait biologique d’être femme et la féminité psychique ne correspondent jamais pleinement. Ayant clarifié la signification et l’importance de parler de la « différence des sexes », Mitchell poursuit son dialogue avec Butler autour de quatre problèmes fondamentaux : la transmission intergénérationnelle de la culture et de l’oppression, la signification et le caractère variable de l’interdit inconscient, la relation entre l’inconscient et le désir, et comment formuler le devoir politique de lutter contre l’oppression des femmes.  Observations de Jacqueline Rose Dans sa réponse à la lecture que fait Judith Butler du livre de Juliet Mitchell, Psychanalyse et féminisme, Jacqueline Rose montre que le fait d’avoir un corps donne forme à la construction discursive sur le sexe à travers l’importance du fantasme. Il ne s’agit pas de dire que le fait d’avoir un corps dicte quelles significations une personne donnera à sa vie, mais que la création d’une distinction entre les hommes et les femmes évoquera toujours mais de façon fortuite l’anatomie. Nous ne pouvons donc pas uniquement nous occuper des limites discursives du sexe, mais on doit aussi examiner la variété des fantasmes qui peuvent être produits par l’importance universelle des différences anatomiques pour l’inconscient. S’appuyant sur ses propres recherches pour comprendre la controverse entre Butler et Mitchell, Rose compare la transmission de l’oppression des femmes à la transmission d’un héritage ethnique, remarquant qu’il est dépendant des contingences de la pratique culturelle et des façons contingentes mais plus durables dans lesquelles cet héritage est soutenu par le fantasme.