De la littérature comme industrie : Les Mystères de Paris et le roman-feuilleton à l’époque romantique

À l’époque romantique, l’industrialisation des biens culturels et les prémices d’une démocratisation de la culture suscitent de vifs débats sur le roman-feuilleton. Violemment opposés au nouveau cadre médiatique de la littérature, les critiques, en pharmaciens et moralistes littéraires, tels Sainte-...

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Autore principale: Nesci, Catherine
Natura: Article ou chapitre numérique
Lingua:Français
Pubblicazione: 2016
Accesso online:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Descrizione
Riassunto:À l’époque romantique, l’industrialisation des biens culturels et les prémices d’une démocratisation de la culture suscitent de vifs débats sur le roman-feuilleton. Violemment opposés au nouveau cadre médiatique de la littérature, les critiques, en pharmaciens et moralistes littéraires, tels Sainte-Beuve et Nettement, mettent en œuvre un imaginaire des bas-fonds et diagnostiquent la pollution morale qu’engendre à leurs yeux une représentation par le bas et par la presse, qui orchestre la « viralité » du feuilleton et la contamination fantasmée de l’espace public. Dans la décennie 1840, Les Mystères de Paris d’Eugène Sue entraînent des réactions passionnées sur la désacralisation de la littérature et la démoralisation du lectorat. Mais un poète ouvrier, Savinien Lapointe, défend le roman de Sue et renverse les déplorations élitistes de la critique bourgeoise. La stigmatisation de la littérature mercantile articule non seulement l’autonomisation d’un champ littéraire apparemment délesté de tout rapport à l’argent, mais aussi le face-à-face dualiste de la Littérature et de son autre (mercenaire).