L'autre rive du temps

Jusqu’à Totalité et Infini compris, la temporalité aura été essentiellement pensée par Lévinas, au seuil de l’événement qu’est l’Autre, comme ouverture d’un avenir pur, jusqu’à la rémission d’un présent, qui nous relèverait alors de notre passé. À partir de sa méditation toujours plus insistante de...

Szczegółowa specyfikacja

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Opis bibliograficzny
1. autor: Campa, Olivier
Format: Article ou chapitre numérique
Język:Français
Wydane: 2006
Dostęp online:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Opis
Streszczenie:Jusqu’à Totalité et Infini compris, la temporalité aura été essentiellement pensée par Lévinas, au seuil de l’événement qu’est l’Autre, comme ouverture d’un avenir pur, jusqu’à la rémission d’un présent, qui nous relèverait alors de notre passé. À partir de sa méditation toujours plus insistante de la « Trace de l’Autre », Lévinas est toutefois amené à repenser cette ouverture elle-même depuis un passé toujours déjà passé et dont nous aurions à jamais à répondre, échapperait-il à toute expérience dans l’entre-temps de son passage. Du Visage à la Trace – jusqu’au visage comme trace –, l’avenir ne s’ouvrirait à nous que dans la déchirure de notre réponse à ce passé immémorial d’où l’Autre nous appellerait sans cesse, déjà parti avant d’être venu. Arrachés à nous-mêmes, nous voici, dans la « honte de survivre », ordonnés à l’avenir par l’accusation d’un passé qui toujours se dérobe, sans qu’il nous soit jamais possible de nous y dérober. À partir de sa pensée de la trace de l’Autre et de sa mortalité, Lévinas inscrit sa propre méditation du temps et de l’histoire dans la trace de l’immémorial – impossible mémoire, à la mémoire de l’impossible, dont la signifiance éthique ne saurait se réduire à un improbable « devoir de mémoire ». « Une voix vient de l’autre rive. Une voix interrompt le dire du déjà dit », qui nous voue, à présent, à ce qui ne cesse de venir, selon une vocation, une dévotion, qui est le temps lui-même.