« il ne faut en rien être plus savant que les lois ». loi et connaissance dans le politique

Contre l’interprétation traditionnelle, selon laquelle la question posée par l’Étranger d’Élée en Politique, 300 c 5-7 (« Eh bien, ne seraient-elles pas dans chaque domaine des imitations de la vérité, ces choses qui émanent de ceux qui savent et qui ont dans la mesure du possible été mises par éc...

Descripción completa

Guardado en:
Detalles Bibliográficos
Autor principal: Teisserenc, Fulcran
Formato: Article ou chapitre numérique
Lenguaje:Français
Publicado: 2005
Acceso en línea:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Descripción
Sumario:Contre l’interprétation traditionnelle, selon laquelle la question posée par l’Étranger d’Élée en Politique, 300 c 5-7 (« Eh bien, ne seraient-elles pas dans chaque domaine des imitations de la vérité, ces choses qui émanent de ceux qui savent et qui ont dans la mesure du possible été mises par écrit ? », oukoun mimêmata men an hekastôn tauta eiê tês alêtheias, ta para tôn eidotôn eis dunamin einai gegrammena ?) constitue un argument en faveur des lois existantes, non idéales, je montre dans cet article que l’Étranger se réfère ici à un ensemble idéal de lois, tauta renvoyant à ce qui suit – à savoir, ta para tôn eidotôn eis dunamin einai gegrammena ( « ... [ces lois] qui ont dans la mesure du possible été mises par écrit » ). Une telle lecture aura pour conséquence de changer notre conception du développement de la pensée politique de Platon. Car 300 c est le passage qui, combiné à certains autres dans les Lois, semble offrir à nombre de commentateurs une preuve très claire du fait que Platon en soit venu à changer d’avis, même au sujet de la démocratie : en effet, celle-ci n’est plus, comme dans La République, un degré au-dessus de la tyrannie, l’ultime maladie de la cité, mais se fonde sur des « imitations de la vérité ». Bien loin de réhabiliter la démocratie (et l’oligarchie), le Politique maintient et insiste sur l’indispensabilité, pour un bon gouvernement, de la connaissance, qu’il déclare catégoriquement impossible à trouver parmi un grand nombre d’individus, quels qu’ils soient.