Les historiens, les responsabilités de la guerre et la question de son inévitabilité
La discipline des relations internationales est née en grande partie dans le but de comprendre les guerres et leur déclenchement, et donc avec l’objectif d’empêcher le retour aux grandes guerres européennes. Néanmoins, en histoire comme en science politique, la question des causes des guerres entre...
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cairn-LCDM_034_0017LCDMLes Champs de Mars https://shs.cairn.info/revue-les-champs-de-mars-2020-1-page-17?lang=fr https://doi.org/10.3917/lcdm.034.0017 Les historiens, les responsabilités de la guerre et la question de son inévitabilité Grosser, Pierre2021 fre Les Champs de Mars | 34 | 1 | 2021-08-27 | p. 17-33 | 1253-1871 LCDM_03459 La discipline des relations internationales est née en grande partie dans le but de comprendre les guerres et leur déclenchement, et donc avec l’objectif d’empêcher le retour aux grandes guerres européennes. Néanmoins, en histoire comme en science politique, la question des causes des guerres entre États a progressivement moins intéressé la recherche. Cela peut changer avec la thématique émergente de la « confrontation entre grandes puissances ». Il demeure tentant d’invoquer de grands concepts (capitalisme et impérialisme, militarisme et nationalisme…), pour comprendre les causes des guerres, mais l’historiographie évolue plutôt vers les dimensions contingentes de la guerre et le rôle des volontés, en recentrant l’attention sur les décideurs. Ce qui attise les débats sur les responsabilités du déclenchement de la guerre et sur les scenarii contrefactuels. La conjoncture devient contrainte et opportunité. Ce papier utilise cet angle d’analyse pour montrer à quel point l’étude des causes des guerres du xxe siècle reste encore marquée par des débats, souvent politisés, loin des espoirs d’une science dépassionnée permettant des généralisations et des prescriptions universelles. The discipline of international relations was born largely with the aim of understanding wars and their outbreak, and thus with the objective of preventing a return to the great European wars. Nevertheless, in history as in political science, the question of the causes of wars between states has gradually become less of a research focus. This may change with the emerging theme of “great power confrontation”. It is still tempting to invoke major concepts (capitalism and imperialism, militarism and nationalism, etc.) to understand the causes of wars, but historiography is moving towards the contingent dimensions of war and the role of wills, refocusing attention on the decision-makers. This fuels the debate on the responsibilities for the outbreak of war and on counterfactual scenarios. The conjuncture becomes a constraint and an opportunity. This paper uses this angle of analysis to show to what extent the study of the causes of 20th century wars is still marked by debates, often politicised, far from the hopes of a dispassionate science allowing generalisations and universal prescriptions.Cairn free access |
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La discipline des relations internationales est née en grande partie dans le but de comprendre les guerres et leur déclenchement, et donc avec l’objectif d’empêcher le retour aux grandes guerres européennes. Néanmoins, en histoire comme en science politique, la question des causes des guerres entre États a progressivement moins intéressé la recherche. Cela peut changer avec la thématique émergente de la « confrontation entre grandes puissances ». Il demeure tentant d’invoquer de grands concepts (capitalisme et impérialisme, militarisme et nationalisme…), pour comprendre les causes des guerres, mais l’historiographie évolue plutôt vers les dimensions contingentes de la guerre et le rôle des volontés, en recentrant l’attention sur les décideurs. Ce qui attise les débats sur les responsabilités du déclenchement de la guerre et sur les scenarii contrefactuels. La conjoncture devient contrainte et opportunité. Ce papier utilise cet angle d’analyse pour montrer à quel point l’étude des causes des guerres du xxe siècle reste encore marquée par des débats, souvent politisés, loin des espoirs d’une science dépassionnée permettant des généralisations et des prescriptions universelles. |
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