Rationalité, civilisation et attentat suicide
Les attentats suicides, en tant que répertoire d’action, semblent défier des aspects essentiels du procès de civilisation défini par Norbert Elias. La maîtrise de l’agressivité et le refoulement du plaisir face à la souffrance d’autrui semblent en effet faire défaut à ce type d’action. Ainsi, l’acte...
Zapisane w:
| 1. autor: | |
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| Format: | Article ou chapitre numérique |
| Język: | Français |
| Wydane: |
2011
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| Dostęp online: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Streszczenie: | Les attentats suicides, en tant que répertoire d’action, semblent défier des aspects essentiels du procès de civilisation défini par Norbert Elias. La maîtrise de l’agressivité et le refoulement du plaisir face à la souffrance d’autrui semblent en effet faire défaut à ce type d’action. Ainsi, l’acteur terroriste briserait le procès de civilisation des mœurs, non seulement par l’irruption de sa violence brutale, mais aussi parce que son groupe manifeste souvent publiquement une forme de satisfaction face à la mort et la souffrance infligées, et enfin parce qu’il contredit le monopole étatique de l’usage de la force. Si le terrorisme, à travers la figure de l’attentat suicide, heurte la sensibilité israélienne ou occidentale, c’est d’abord parce qu’il vise délibérément des civils et qu’à travers ce choix il révèle un rapport spécifique à la mort, ainsi qu’une construction particulière de l’image de soi et de l’adversaire. En ce sens, il révèle la fracture des conceptions sur la vie et la mort entre Palestiniens et Israéliens. De surcroît, il illustre un autre décalage : la propension des premiers à exhiber leur force et la volonté des seconds de masquer la leur, lorsque celle-ci se déploie. |
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