Violence et rationalité expressive. Réflexions sur les études critiques du terrorisme

Un tournant critique a récemment modifié la trajectoire des études du terrorisme, déstabilisant les ressorts majeurs qui semblaient soutenir le développement scientifique de l’analyse des phénomènes liés, de près ou de loin, à la violence terroriste. Cet article cherche, dans un premier temps, à ren...

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Detalhes bibliográficos
Autor principal: Balzacq, Thierry
Formato: Article ou chapitre numérique
Idioma:Français
Publicado em: 2011
Acesso em linha:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Descrição
Resumo:Un tournant critique a récemment modifié la trajectoire des études du terrorisme, déstabilisant les ressorts majeurs qui semblaient soutenir le développement scientifique de l’analyse des phénomènes liés, de près ou de loin, à la violence terroriste. Cet article cherche, dans un premier temps, à rendre compte des principaux axes de cette transformation en débusquant les artifices utilisés, dans la littérature dite « traditionnelle », pour dissimuler le terrorisme d’État (ontologie), en interrogeant les processus de production des « régimes de vérité » sur le terrorisme (épistémologie), et en examinant, enfin, la pertinence, en termes de politiques publiques, des études critiques (praxéologie). Mais, c’est sur ce point que les approches critiques du terrorisme sont confrontées à un écueil important. La pertinence politique des études critiques se déduit nécessairement de sa capacité à déceler ce qui fonde la violence terroriste. Or, les études critiques ont, jusqu’ici, mimé les études traditionnelles, faisant de la rationalité instrumentale la clé de la violence terroriste. Cet article suggère que les études critiques ont tout intérêt à élargir leur conception de la rationalité, afin de saisir les cas de violence terroriste qui n’escomptent guère de feedbacks ou sont, en apparence, absurdes. L’article recourt, à travers le concept d’humiliation, à la « rationalité expressive », qu’il érige ainsi en moteur essentiel, non exclusif certes, de l’action terroriste.