L’après-guerre en Irak : le rôle des militaires au cœur du paradoxe de la stratégie américaine du « shaping »
Cet article vise d’abord à appréhender les contradictions de l’après-guerre en Irak à la lumière du phénomène de décalage croissant, depuis les années 1990, entre la doctrine de la « révolution dans les affaires militaires » et le rôle plus complexe et « mixte » de l’armée américaine, de plus en plu...
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| 格式: | Article ou chapitre numérique |
| 语言: | Français |
| 出版: |
2005
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| 总结: | Cet article vise d’abord à appréhender les contradictions de l’après-guerre en Irak à la lumière du phénomène de décalage croissant, depuis les années 1990, entre la doctrine de la « révolution dans les affaires militaires » et le rôle plus complexe et « mixte » de l’armée américaine, de plus en plus impliquée dans les opérations de « shaping » menées par les États-Unis dans les États « voyous », dans le but affiché de remodeler leur système politique. Cette bifurcation entre stratégie militaire et objectifs politiques à plus long terme est projetée sur le terrain irakien ; si la stratégie de « changement de régime » en Irak requiert une implication américaine large et durable dans une œuvre d’ingénierie politique, c’est en réalité les nécessités militaires à court terme et l’improvisation dans l’urgence qui prédominent dans la phase postconflit en Irak. Ce paradoxe a pour double conséquence : d’une part, le renforcement du rôle sécuritaire mais aussi politique des militaires, assurant aussi bien des tâches de sécurité publique que de gouvernance locale improvisée, et d’autre part, la rétroaction des stratégies des acteurs locaux sur la mission de « shaping » des militaires, qui se trouvent contraints de réorienter leurs opérations par rapport à l’environnement local. Ces contradictions de l’après-guerre en Irak impulsent aujourd’hui une nouvelle réflexion sur les missions postconflit des militaires. |
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