De la guerre psychologique à la guerre de l'information

La pensée stratégique occidentale est trop longtemps restée obnubilée par le « choc frontal » et la recherche de l'anéantissement des forces adverses, négligeant de fait les héritages stratégiques des Anciens, du bassin de la Méditerranée et d'Asie, fondés en grande partie sur le recours à...

Deskribapen osoa

Gorde:
Xehetasun bibliografikoak
Egile nagusia: Villatoux, Paul
Formatua: Article ou chapitre numérique
Hizkuntza:Français
Argitaratua: 1998
Sarrera elektronikoa:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Deskribapena
Gaia:La pensée stratégique occidentale est trop longtemps restée obnubilée par le « choc frontal » et la recherche de l'anéantissement des forces adverses, négligeant de fait les héritages stratégiques des Anciens, du bassin de la Méditerranée et d'Asie, fondés en grande partie sur le recours à des procédés d'ordre psychologique destinés à jeter le trouble dans l'esprit de l'adversaire. À ce titre, la Révolution française marque un tournant radical dans la perception de la guerre : le facteur idéologique aide à redonner toute son importance aux manoeuvres psychologiques. Cette expérience sera pleinement exploitée par les révolutions russes et chinoises au cours du xxe siècle. Dans le même temps, les deux guerres mondiales, profitant des mutations dans le domaine de la communication accomplies à la fin du xixe siècle, aident à mettre en évidence la double nécessité de la lutte psychologique : soutenir le moral du pays, le mobiliser et le protéger contre les entreprises de persuasion ennemies ; affaiblir la résistance de l'adversaire et chercher un appui dans les territoires conquis par l'armée ainsi qu'auprès des nations neutres. Aujourd'hui, alors que les forces armées ont pris conscience de la place de plus en plus hégémonique occupée par les médias dans les conflits, amplifiant de manière démesurée les effets psychologiques de toute action de guerre, les techniques de manipulation à des fins militaires sont devenues prépondérantes.