Intuitions délirantes et désirs hypothéqués : penser la migration avec Frantz Fanon
RésuméFanon le Martiniquais, Fanon l’Algérien, Fanon le Noir : autant d’expressions dont a abusé ces dernières années une certaine critique littéraire se l’appropriant chaque fois sur le mode de « mon Fanon à moi », et qui risquent de déformer l’image d’un seul homme, dont les contradictions ne peuv...
में बचाया:
| मुख्य लेखक: | |
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| स्वरूप: | Article ou chapitre numérique |
| भाषा: | Français |
| प्रकाशित: |
2012
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| विषय: | |
| ऑनलाइन पहुंच: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| सारांश: | RésuméFanon le Martiniquais, Fanon l’Algérien, Fanon le Noir : autant d’expressions dont a abusé ces dernières années une certaine critique littéraire se l’appropriant chaque fois sur le mode de « mon Fanon à moi », et qui risquent de déformer l’image d’un seul homme, dont les contradictions ne peuvent s’énoncer en termes d’opposition, mais plutôt comme une série d’ambivalences difficiles à liquider. Son œuvre reste imprégnée de fond en comble par une urgence subjective qui se révèle sans frein et sans trêve, page après page. C’est littéralement un immigré « écorché vif » (selon les mots de Édouard Glissant) qui se donne au lecteur depuis le début jusqu’à la fin. Ce travail se propose de repenser la migration avec Fanon, en soulignant comment il montre dès ses premiers travaux un intérêt très fort pour une situation que je nomme ici migratoire et qui ne cesse pas de l’interroger comme soldat, étudiant, médecin. La « situation migratoire » crée une rupture entre deux régimes coloniaux (l’ancien et le nouveau), et deux situations psychiques (« coloniale » et « culturelle »). La présence ou l’absence d’expériences traumatiques réelles (donc historiques) introduit une distance entre les générations, et plante une différence entre elles dans l’expression des souffrances psychiques. Ces deux « situations », celle « coloniale » et celle « culturelle », se trouvent intimement liées par l’expérience migratoire, caractérisée du fait de vivre toujours ailleurs.Ce travail se propose donc de reparcourir l’œuvre de Fanon à partir d’un point de vue privilégié, celui de l’expérience migratoire, pour en saisir la place centrale dans la pensée d’un auteur qui a commencé à écrire en tant qu’immigré, et pour éclairer les passages qui ont permis de développer, au-delà de Fanon, les prolégomènes pour une psychanalyse à venir. |
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