Le concept de pulsion de mort est-il encore utile en clinique ?

La question de l’instinct de mort a été largement débattue de façon conflictuelle au cours du développement de la pensée analytique. Je suggère dans cet article qu’il n’est pas nécessaire de postuler l’existence d’une force innée pour expliquer la destructivité en clinique. Chez bien des patients gr...

Description complète

Enregistré dans:
Détails bibliographiques
Auteur principal: de Masi, Franco
Format: Article ou chapitre numérique
Langue:Français
Publié: 2016
Accès en ligne:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Description
Résumé:La question de l’instinct de mort a été largement débattue de façon conflictuelle au cours du développement de la pensée analytique. Je suggère dans cet article qu’il n’est pas nécessaire de postuler l’existence d’une force innée pour expliquer la destructivité en clinique. Chez bien des patients gravement atteints il est plus utile de relier la destructivité à un trauma infantile, en particulier au trauma d’une carence affective de longue durée. Quand la relation de dépendance à l’objet primaire fait défaut ou conduit à de graves frustrations, le petit enfant peut développer des constellations psychopathologiques contre la vie et les relations humaines. La destructivité envers les bons objets serait le sous-produit du trauma, alimenté par la colère traumatique et l’omnipotence anti-relationnelle. Toutefois, la séquence trauma-destructivité n’est ni linéaire, ni strictement consécutive et nécessite d’être soigneusement reconstruite pendant le traitement analytique. Elle se développe le plus souvent chez des enfants affectivement carencés au travers d’identifications pathologiques avec des personnalités destructives ainsi qu’au travers de retraits mentaux dissociés de la réalité psychique. Lorsque ce type de fantasmes génère un plaisir, émerge une destructivité froide distante de toute passion, indiquant une dépendance à l’égard de constellations pathologiques qui s’alimentent constamment l’une l’autre.