L'altérité de l'altérité ou la question des sentiments en anthropologie

Comment approcher ethnographiquement les manières spécifiques de sentir dans les sociétés qu’on étudie ? La relégation relative dans laquelle l’anthropologie océaniste contemporaine tient la question des sentiments peut renvoyer à l’opacité qui entoure l’accès aux affects d’autrui dans certaines com...

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Auteur principal: Jeudy-Ballini, Monique
Format: Article ou chapitre numérique
Langue:Français
Publié: 2011
Sujets:
Accès en ligne:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Description
Résumé:Comment approcher ethnographiquement les manières spécifiques de sentir dans les sociétés qu’on étudie ? La relégation relative dans laquelle l’anthropologie océaniste contemporaine tient la question des sentiments peut renvoyer à l’opacité qui entoure l’accès aux affects d’autrui dans certaines communautés. Mais elle renvoie surtout, semble-t-il, à la tendance à exclure l’analyse des sentiments du champ des objets ethnographiables, ou à ne les aborder que de manière anecdotique. Sans doute cela s’explique-t-il par l’idée qu’on se fait de communautés attachées au respect de la tradition et au sein desquelles les comportements supposeraient une forte dose de normalisation collective ; ou encore par l’idée qu’il n’est pas utile de s’attarder sur des ressentis censés relever d’expériences universelles (l’affliction, la joie, la honte, la douleur, etc.). Dans la mesure, toutefois, où l’on ignore a priori ce qui se définit comme émotion dans les sociétés qu’on se propose d’étudier et dans la mesure aussi où maintes cultures ne font pas de différence entre affect et cognition, on se gardera de parler ici d’anthropologie des émotions en insistant simplement sur la nécessité de penser ensemble des dimensions indissociables dans toute expérience sociale.