L'aéroport à Raivavae (Australes) : développement économique, migrations et identités
La construction d’aéroports comme celui de Raivavae (îles Australes) s’inscrit dans une politique de désenclavement des îles éloignées, en vue d’un développement « durable et équilibré ». Il vise aussi à combler un « écart », notion qui repose à la fois sur des critères objectifs — niveau de revenus...
Gardado en:
| Autor Principal: | |
|---|---|
| Formato: | Article ou chapitre numérique |
| Idioma: | Français |
| Publicado: |
2004
|
| Sujets: | |
| Acceso en liña: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Résumé: | La construction d’aéroports comme celui de Raivavae (îles Australes) s’inscrit dans une politique de désenclavement des îles éloignées, en vue d’un développement « durable et équilibré ». Il vise aussi à combler un « écart », notion qui repose à la fois sur des critères objectifs — niveau de revenus monétaires, exportations agricoles, infrastructures — et sur une représentation idéalisée des îles dites « traditionnelles », que la modernité n’aurait pas encore atteintes. Dès lors, la décision prise en 1997 d’ouvrir un aéroport à Raivavae cristallise deux aspirations contradictoires : d’un côté, la préservation d’un environnement et d’une identité culturelle patrimonialisées ; de l’autre, la diffusion du progrès jusqu’aux îles lointaines. Les Raivavae qui ont émigré à Tahiti sont particulièrement sensibles à cette contradiction. S’ils se réjouissent de la possibilité qui leur est désormais offerte de retourner plus facilement dans leur île (alors que beaucoup ne l’ont plus revue depuis des décennies), ils s’inquiètent aussi de la dénaturation probable d’un mode de vie et d’une terre qui, dans leur mémoire, reste comme un espace hors du temps, miraculeusement préservé des évolutions auxquelles eux-mêmes se sont habitués, depuis qu’ils vivent à Tahiti. |
|---|