Chapitre 6. Un autre regard sur les cryptos : intérêts et limites de leurs usages pour le bien commun
À rebours des discours dominants qui réduisent les cryptomonnaies à des actifs spéculatifs, énergivores et déstabilisateurs, cet article propose une relecture critique et argumentée de leurs usages potentiels au service du bien commun. En mobilisant des données issues de travaux empiriques récents (...
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| Auteur principal: | |
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| Format: | Article ou chapitre numérique |
| Langue: | Français |
| Publié: |
2025
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| Sujets: | |
| Accès en ligne: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Résumé: | À rebours des discours dominants qui réduisent les cryptomonnaies à des actifs spéculatifs, énergivores et déstabilisateurs, cet article propose une relecture critique et
argumentée de leurs usages potentiels au service du bien commun. En mobilisant
des données issues de travaux empiriques récents (Chainalysis, Cambridge CCAF,
Galaxy Digital, Coinmap), il interroge la validité des principaux reproches adressés
aux cryptomonnaies – opacité, illégalisme, gaspillage énergétique – et en révèle les
biais d’analyse. Loin de constituer un bloc homogène, les cryptomonnaies forment
un champ technologique en constante recomposition, dont certaines déclinaisons
– sociales, environnementales, communautaires – incarnent des expérimentations
radicales de décentralisation monétaire au service du social et du vivant. Deux axes
sont ici explorés : d’une part, des cryptomonnaies environnementales (Solarcoin,
Regen Network) qui rétribuent la production d’énergie verte ou la régénération des
écosystèmes via des mécanismes distribués de reconnaissance de valeur ; d’autre part,
des dispositifs de revenu d’existence basés sur la preuve d’humanité (June, Circles
UBI, Proof of Humanity, Idena), qui questionnent les fondements même de l’émission
monétaire. Si ces expériences demeurent fragiles et marginales, leur analyse révèle
les tensions sociotechniques (gouvernance des DAO, preuve d’identité, stabilité de
la valeur) inhérentes à toute tentative de refondation monétaire. En réintégrant les
enjeux de justice sociale et de soutenabilité écologique au cœur des dynamiques
monétaires, ces cryptomonnaies alternatives esquissent les contours d’un paradigme
émergent de monnaies contributives, capable d’opposer aux logiques extractivistes
du capitalisme financier des formes renouvelées de coordination, de solidarité et de
souveraineté collective. |
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