Temps et contretemps
Opium du temps présent, la réforme semble faire office de doux calmant pour le peuple angoissé et de puissant dopant pour le politique en quête de popularité. Certes, l’inflation des discours n’est pas anodine et témoigne d’une indéniable convergence des volontés de rupture avec un quotidien jugé in...
Guardat en:
| Autor principal: | |
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| Format: | Article ou chapitre numérique |
| Idioma: | Français |
| Publicat: |
2012
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| Accés en línia: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Sumari: | Opium du temps présent, la réforme semble faire office de doux calmant pour le peuple angoissé et de puissant dopant pour le politique en quête de popularité. Certes, l’inflation des discours n’est pas anodine et témoigne d’une indéniable convergence des volontés de rupture avec un quotidien jugé insatisfaisant. Mais l’analyse au prisme du sablier de cet appel permanent au changement ne manque pas d’inquiéter. La réforme en France est malade. Qu’il s’agisse de son rapport au temps comme instant (moment choisi pour la déclencher) ou au temps comme durée (conditions de son exécution), elle est l’objet d’une manipulation plus ou moins consciente qui la dénature profondément. À l’instar du mot, qui à tout désigner ne désigne plus rien, elle a perdu en substance ce qu’elle a gagné en popularité. La réforme doit demeurer extraordinaire et le mot n’être réservé qu’aux changements majeurs destinés à modifier en profondeur la société. Peut-être est-il temps de réformer la réforme ? |
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