Le clerc, le combattant et le saint

Loin d’avoir disparu avec l’effondrement de l’Empire carolingien, l’attente du règne du Christ conduit les clercs à reconnaître aux guerriers la capacité de mener des combats permettant la parousie. Ils les invitent à affronter les Sarrasins comme Michel lutte contre le dragon, mais ils sont contrai...

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Bibliografiske detaljer
Hovedforfatter: Dehoux, Esther
Format: Article ou chapitre numérique
Sprog:Français
Udgivet: 2010
Online adgang:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Beskrivelse
Summary:Loin d’avoir disparu avec l’effondrement de l’Empire carolingien, l’attente du règne du Christ conduit les clercs à reconnaître aux guerriers la capacité de mener des combats permettant la parousie. Ils les invitent à affronter les Sarrasins comme Michel lutte contre le dragon, mais ils sont contraints de constater que la prise de Jérusalem n’est pas suivie du retour du Fils de l’homme. Cet échec sert les intérêts des réformateurs. Désireux de dégager l’Église du contrôle des laïcs, ils trouvent là un argument irréfutable pour réduire la portée des actions des guerriers, voire du roi, à des horizons terrestres. Ils proposent alors aux combattants d’imiter d’autres guerriers du sanctoral tels Georges, Maurice et Démétrius qui contribuent alors autant à la valorisation de l’homme de guerre qu’ils l’encouragent à la conversion. Ils demeurent toujours au service d’une volonté d’ordonnancement de la société marquée par la prééminence du pouvoir spirituel. Contestant cette conception, le Capétien prétend être le « roi des derniers temps » et, à ce titre, le collaborateur de l’archange, puisqu’il doit régner jusqu’au retour du Christ. Il n’en demeure pas moins un chef de guerre soucieux de contrôler la Ville sainte. Son idéal, comme celui des combattants désormais prêts à mourir pour leur foi, est incarné en saint Georges, patron des chevaliers et des croisés avant d’être le saint des Anglais.