Quelques réflexions sur l’activité guerrière à l’époque contemporaine
Ce texte s’efforce de discerner au sein de l’activité guerrière conduite par les sociétés occidentales au cours des deux siècles qui viennent de s’écouler quelques mutations et quelques invariants majeurs.Peu à peu diffusée à un nombre croissant d’hommes et de femmes au point qu’elle est devenue ave...
Kaydedildi:
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| Materyal Türü: | Article ou chapitre numérique |
| Dil: | Français |
| Baskı/Yayın Bilgisi: |
2006
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| Online Erişim: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Özet: | Ce texte s’efforce de discerner au sein de l’activité guerrière conduite par les sociétés occidentales au cours des deux siècles qui viennent de s’écouler quelques mutations et quelques invariants majeurs.Peu à peu diffusée à un nombre croissant d’hommes et de femmes au point qu’elle est devenue avec les deux grands conflits mondiaux du premier xxe siècle une expérience de masse, l’expérience guerrière s’est vue ensuite de plus en plus étroitement confinée au sein d’armées composées de professionnels envoyés sur des théâtres d’opérations éloignés pour des durées limitées. Cette marginalisation de l’activité guerrière s’est accompagnée d’une féminisation progressive des forces armées, venant contredire l’invariant anthropologique qui éloignait les femmes du port et de l’usage des armes, en partie seulement car celles-ci ont été pour l’essentiel tenues à l’écart de la violence du champ de bataille.Pour être en mesure de faire face à cette violence, toutes les armées ont formé et forment encore des communautés humaines fermées sur elles-mêmes, régies par un ensemble de contraintes fondées sur l’obéissance et le devoir de réserve de leurs membres. Face au danger, elles sont organisées dans les unités combattantes en groupes primaires au sein desquels la complémentarité, la cohésion et la solidarité, à défaut de rendre l’expérience du combat supportable, en atténuent du moins le stress et en particulier la peur, qui apparaît comme un invariant majeur lié au combat.Pour faire face à la souffrance individuelle et collective engendrée par l’activité guerrière, les sociétés occidentales ont peu à peu forgé, au cours de l’époque contemporaine, une nouvelle culture de la mort à la guerre, fondée sur l’individualisation de l’hommage au sein de l’armée et de la communauté nationale. S’est ainsi élaborée une commémoration civique des défunts dont les modèles se sont fixés progressivement, la Grande Guerre constituant ici un tournant majeur. Toutefois, c’est aussi et peut-être surtout dans le regard porté par les sociétés sur la guerre menée en leur nom que se joue, pour les combattants, un possible apaisement des blessures psychiques et corporelles gravées en eux. À cet égard, les conflits de l’époque contemporaine révèlent clairement combien ceux qui ont reçu l’assentiment des nations, fût-ce au prix d’un reniement des valeurs humanistes les plus fondamentales, ont permis aux combattants de mieux traverser les épreuves endurées, alors que les guerres discréditées ou oubliées par les opinions publiques ont laissé les survivants comme les familles des victimes dans un grand désarroi, voire un impossible deuil. |
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