La violence du voir Bonnet G. (1996). P.U.F. 269 p. Le remords. Psychanalyse d’un meurtrier Bonnet G. (2000). P.U.F. 113 p.
Si, en effet, le roman des années 1690-1720 permet « une approche au moins de la notion d’inconscient » (R. Demoris), la violence dont pétries les sept histoires d’amour des Illustres françaises de Robert Challe (1713) interroge l’ordre que cherche à constituer la société des douze amis et que...
Shranjeno v:
| Glavni avtor: | |
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| Format: | Article ou chapitre numérique |
| Jezik: | Français |
| Izdano: |
2001
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| Online dostop: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Izvleček: | Si, en effet, le roman des années 1690-1720 permet
« une approche au moins de la notion d’inconscient »
(R. Demoris), la violence dont pétries les sept histoires d’amour
des Illustres françaises de Robert Challe (1713) interroge l’ordre
que cherche à constituer la société des douze amis et que le
mariage est censé consacrer. Ce roman de la sociabilité repose
sur un fond archaïque qui peint la lutte des désirs et de l’ordre
social représenté par les pères et les mères. Plus précisément, cet
ordre qui, selon la leçon de Hobbes, s’érige sur les ruines d’une
violence, crée lui-même le désordre. Les victimes sont des êtres
que leur faiblesse morale, sociale ou sentimentale, fragilise, et
désigne fatalement comme telles. À rebours, la violence que
certains personnages découvrent en eux les porte à une connaissance de soi si stupéfiante qu’ils en retournent parfois cette
violence contre eux-mêmes, et de bourreau d’autrui deviennent
bourreaux d’eux-mêmes. C’est toute l’ambiguïté de la violence,
sa réversibilité, que nous décrit le roman. Mais surtout, en
permettant d’entrer sinon dans un « inconscient » des personnages qui ne sont que de papier, du moins dans une analyse des
schèmes qui président à leurs relations, la thématique de la
violence met en cause le roman de la sociabilité et invite à une
réflexion sur la dialectique induite par le couple de la sociabilité
et de la violence. À cet égard, l’histoire du libertin Dupuis pose
d’éminentes questions sur le rôle du discours : constituant de la
sociabilité ou simple manteau du désordre?... Ce premier
examen de la violence dans le roman de Challe montre à l’évidence la richesse de cette approche et la justifie: elle suggère
d’autres réflexions qui, en embrassant l’ensemble de l’œuvre,
approfondiraient in fine la question de l’illusion. |
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