Faire « mauvais ménage » au village
À partir de la seconde moitié du xviie siècle s’engage un long processus de sécularisation du mariage. Progressivement, les officialités sont dessaisies des problèmes matrimoniaux au profit des justices civiles, en particulier seigneuriales. Si le sacrement reste pratiquement indissoluble jusqu’à l...
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| Autore principale: | |
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| Natura: | Article ou chapitre numérique |
| Lingua: | Français |
| Pubblicazione: |
2013
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| Soggetti: | |
| Accesso online: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Riassunto: | À partir de la seconde moitié du xviie siècle s’engage un long processus de sécularisation du mariage. Progressivement, les officialités sont dessaisies des problèmes matrimoniaux au profit des justices civiles, en particulier seigneuriales. Si le sacrement reste pratiquement indissoluble jusqu’à la légalisation du divorce (1792), le contrat civil peut être rompu grâce aux procédures de séparation de biens et de corps. Ces dernières représentent 1 à 2% des activités judiciaires de la province du Poitou entre 1650 et 1790, aussi bien pour les justices seigneuriales urbaines que rurales. L’étude de ces procédures permet d’infirmer l’idée répandue par les imprimés de l’époque selon laquelle les femmes des campagnes tolèrent ces violences et demeurent insensibles aux « mauvais ménages » que leur infligent les époux dont elles demandent d’être séparées. Par ailleurs, les dépositions des femmes et des témoins dégagent une hiérarchie des violences subies et des motifs de plainte qui, pour des raisons sociologiques, divergent entre villes et campagnes. Enfin, elles permettent d’approcher les émotions contenues ou exprimées, parfois jusqu’à devenir une clameur publique, que provoquent les actes des maris et leur progressive criminalisation au cours du xviiie siècle. |
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