Préhistoire, préhistoriens et pouvoirs publics en France : la tardive émergence d'une conscience patrimoniale spécifique

Au milieu du XIXe siècle, la Préhistoire commence à être scientifiquement reconnue. Les découvertes se multiplient au point d’alimenter un marché national et international d’objets. Le nombre des périodiques scientifiques spécialisés, des musées et des sociétés savantes consacrés à l’archéologie pr...

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Xuất bản năm:Histoire, économie & société | 29e aée | 2 | 2010-06-01 | p. 65-79 | 0752-5702
Tác giả chính: Hurel, Arnaud
Định dạng: Article ou chapitre numérique
Ngôn ngữ:Français
Được phát hành: 2010
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Tóm tắt:Au milieu du XIXe siècle, la Préhistoire commence à être scientifiquement reconnue. Les découvertes se multiplient au point d’alimenter un marché national et international d’objets. Le nombre des périodiques scientifiques spécialisés, des musées et des sociétés savantes consacrés à l’archéologie préhistorique est en constante augmentation. Pourtant, aussi florissante soit-elle, la communauté des préhistoriens demeure dans une espèce de marginalité officielle, comme en témoigne son absence de position académique. Sur le plan juridique, contrairement à la plupart des pays européens depuis le début du XIXe siècle, la France tarde à encadrer la pratique archéologique de terrain et à prendre les mesures propices à protéger les pièces mises au jour et les collections. Certes, depuis la Révolution, la notion d’intérêt national s’est peu à peu imposée en ce qui concerne l’archéologie avec pour corollaire la mise en œuvre progressive d’une législation de protection du patrimoine. Mais les préhistoriens français contestent tout principe de réglementation des fouilles, qu’ils perçoivent comme une entrave à leur liberté de recherche. Cette opposition va s’amplifier en 1910 lorsqu’ils s’opposeront, soutenus par la grande presse d’opinion et le réseau des sociétés savantes, au premier projet de loi visant à protéger les gisements et revendiqueront un droit exclusif sur leurs activités. L’évolution des concepts scientifiques entre les deux guerres favorisera une rupture profonde avec cette situation. Sous l’Occupation, la loi Carcopino du 27 septembre 1941 va imposer un cadre d’activité et de sauvegarde du patrimoine, marquant ainsi la fin d’une archéologie d’amateurs et du libre-échange des pièces mises au jour.