Les Néerlandais et le marché monétaire levantin dans la seconde moitié du XVIIe siècle (1648-1701)

Le commerce néerlandais se montra très dynamique en Méditerranée après les traités de Westphalie. Soumis aux mêmes contraintes que leurs concurrents européens, les marchands bataves convoyèrent de grandes quantités d’espèces monétaires vers les échelles de l’Empire ottoman, en particulier à Smyrne....

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Dans:Histoire, économie & société | 27e aée | 2 | 2008-06-01 | p. 21-38 | 0752-5702
Auteur principal: Allain, Thierry
Format: Article ou chapitre numérique
Langue:Français
Publié: 2008
Accès en ligne:Accès Université d'Orléans et IFPM
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Description
Résumé:Le commerce néerlandais se montra très dynamique en Méditerranée après les traités de Westphalie. Soumis aux mêmes contraintes que leurs concurrents européens, les marchands bataves convoyèrent de grandes quantités d’espèces monétaires vers les échelles de l’Empire ottoman, en particulier à Smyrne. L’une de leurs pièces d’argent, le leeuwendaalder, connut ainsi un succès phénoménal auprès du public. Au cours du dernier tiers du XVIIe siècle, les Français multiplièrent à leur égard les accusations de crime monétaire. Les Néerlandais se voyaient reprocher l’altération de leurs pièces, mais également la contrefaçon des espèces étrangères. Les agents diplomatiques du Roi-soleil se firent les propagateurs zélés d’une légende noire des marchands néerlandais au Levant, en dépit des efforts des autorités des Provinces-Unies pour maintenir la bonne réputation de leur commerce. Davantage qu’une « guerre monétaire » menée sciemment par les Néerlandais, il est préférable d’expliquer ce flot de condamnations par des facteurs politiques et monétaires. Les Français préparèrent ainsi le terrain à des agressions militaires, avec une évidente mauvaise foi. De son côté, la structure même du commerce néerlandais au Levant rendait vaine toute tentative de contrôle. Plus que tout, les conditions en vigueur sur les marchés monétaires ottomans favorisaient le recours anarchique à la vente d’espèces contrefaites et diminuées.