La réanimation des personnes âgées

L’amélioration des performances des services de réanimation a permis de prendre en charge des malades de plus en plus graves. Toutefois, le succès de toute réanimation dépend de plusieurs facteurs propres au patient et à l’organisation des soins.La prise en charge des personnes âgées dans un service...

Disgrifiad llawn

Wedi'i Gadw mewn:
Manylion Llyfryddiaeth
Prif Awdur: Brunet, Fabrice
Fformat: Article ou chapitre numérique
Iaith:Français
Cyhoeddwyd: 1997
Mynediad Ar-lein:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
id cairn-GS_080_0166
record_format cairn
language Français
format Article ou chapitre numérique
building 0/Bibliothèque numérique/
1/Bibliothèque numérique/Cairn/
description L’amélioration des performances des services de réanimation a permis de prendre en charge des malades de plus en plus graves. Toutefois, le succès de toute réanimation dépend de plusieurs facteurs propres au patient et à l’organisation des soins.La prise en charge des personnes âgées dans un service de réanimation reste controversée. Toutefois, la notion de « personne âgée » ne revêt pas la même signification pour chacun et l’âge chronologique, en dehors du très grand âge (> 85-90 ans), ne suffit pas à établir un seuil discriminant. La proportion de malades âgés de plus de 65 ans admis en réanimation variait de 17 % en Nouvelle-Zélande, à 45 % aux États-Unis, avec des chiffres proches de 30 % au Japon, au Canada et en France, en 1993. Le vieillissement de la population risque de majorer ces chiffres.Cette évolution n’est pas dénuée de conséquences médicales, bien sûr, mais elle entraîne aussi des implications économiques, liées à une augmentation des dépenses de Santé publique. Il est apparu, ainsi, nécessaire de fixer des limites à l’admission de malades ne pouvant bénéficier des soins de réanimation ? Des scores évaluant la gravité initiale et la réponse au traitement au cours du séjour ont été développés dans ce but. Parmi les critères retenus dans ces scores, l’âge est considéré comme un facteur pouvant limiter l’intérêt de la réanimation.Si on juge de l’efficacité de la réanimation en termes de mortalité, une étude multicentrique française portant sur 3 867 patients a montré que celle-ci passait de 12 % pour des malades de 40 ans à 25 % à 70 ans. Cependant, selon les études, le type de service de réanimation et l’âge considéré, la mortalité varie entre 30 et 50 %. Ainsi, les chances de survie au cours d’un séjour en réanimation baissent avec l’âge, mais d’autres facteurs liés à la pathologie aiguë ou aux maladies sous-jacentes interviennent aussi et l’admission en réanimation ne saurait être refusée sur ce seul critère. La prise en charge des personnes âgées durant leur séjour en réanimation ne semble pas différente de celle des sujets jeunes dans l’indication et la réalisation des techniques de réanimation, mais les particularités physiques et psychiques liées au vieillissement doivent être considérées.L’analyse des rares études portant sur la qualité de vie des personnes âgées après un séjour en réanimation médicale ou chirurgicale fait état d’une mortalité accrue chez les personnes âgées par rapport aux sujets plus jeunes à un an, mais d’une qualité de vie comparable. La plupart de ces études soulignent l’importance de la réadaptation du sujet âgé au décours de l’hospitalisation en réanimation, indispensable à sa réinsertion sociale.
author Brunet, Fabrice
spellingShingle Brunet, Fabrice
La réanimation des personnes âgées
author_facet Brunet, Fabrice
author_sort Brunet, Fabrice
title La réanimation des personnes âgées
title_short La réanimation des personnes âgées
title_full La réanimation des personnes âgées
title_fullStr La réanimation des personnes âgées
title_full_unstemmed La réanimation des personnes âgées
title_sort la réanimation des personnes âgées
publishDate 1997
container_title
container_issue
url https://ezproxy.univ-orleans.fr/login?url=https://shs.cairn.info/revue-gerontologie-et-societe1-1997-1-page-166?lang=fr
https://ezproxy.univ-orleans.fr/login?url=https://doi.org/10.3917/gs.080.0166
_version_ 1877245973412970496
spelling cairn-GS_080_0166GSGérontologie et société https://shs.cairn.info/revue-gerontologie-et-societe1-1997-1-page-166?lang=fr https://doi.org/10.3917/gs.080.0166 La réanimation des personnes âgées Brunet, Fabrice1997 fre Gérontologie et société | 20 /  80 | 1 | 1997-08-01 | p. 166-175 | 0151-0193 https://doi.org/NULL11 L’amélioration des performances des services de réanimation a permis de prendre en charge des malades de plus en plus graves. Toutefois, le succès de toute réanimation dépend de plusieurs facteurs propres au patient et à l’organisation des soins.La prise en charge des personnes âgées dans un service de réanimation reste controversée. Toutefois, la notion de « personne âgée » ne revêt pas la même signification pour chacun et l’âge chronologique, en dehors du très grand âge (> 85-90 ans), ne suffit pas à établir un seuil discriminant. La proportion de malades âgés de plus de 65 ans admis en réanimation variait de 17 % en Nouvelle-Zélande, à 45 % aux États-Unis, avec des chiffres proches de 30 % au Japon, au Canada et en France, en 1993. Le vieillissement de la population risque de majorer ces chiffres.Cette évolution n’est pas dénuée de conséquences médicales, bien sûr, mais elle entraîne aussi des implications économiques, liées à une augmentation des dépenses de Santé publique. Il est apparu, ainsi, nécessaire de fixer des limites à l’admission de malades ne pouvant bénéficier des soins de réanimation ? Des scores évaluant la gravité initiale et la réponse au traitement au cours du séjour ont été développés dans ce but. Parmi les critères retenus dans ces scores, l’âge est considéré comme un facteur pouvant limiter l’intérêt de la réanimation.Si on juge de l’efficacité de la réanimation en termes de mortalité, une étude multicentrique française portant sur 3 867 patients a montré que celle-ci passait de 12 % pour des malades de 40 ans à 25 % à 70 ans. Cependant, selon les études, le type de service de réanimation et l’âge considéré, la mortalité varie entre 30 et 50 %. Ainsi, les chances de survie au cours d’un séjour en réanimation baissent avec l’âge, mais d’autres facteurs liés à la pathologie aiguë ou aux maladies sous-jacentes interviennent aussi et l’admission en réanimation ne saurait être refusée sur ce seul critère. La prise en charge des personnes âgées durant leur séjour en réanimation ne semble pas différente de celle des sujets jeunes dans l’indication et la réalisation des techniques de réanimation, mais les particularités physiques et psychiques liées au vieillissement doivent être considérées.L’analyse des rares études portant sur la qualité de vie des personnes âgées après un séjour en réanimation médicale ou chirurgicale fait état d’une mortalité accrue chez les personnes âgées par rapport aux sujets plus jeunes à un an, mais d’une qualité de vie comparable. La plupart de ces études soulignent l’importance de la réadaptation du sujet âgé au décours de l’hospitalisation en réanimation, indispensable à sa réinsertion sociale.Improvement of treatment in intensive care units has led to the taking-on of increasingly sick patients. However, intensive care is governed by several factors pertaining to the patient and to the organisation of treatment.The taking-on of elderly patients in intensive care units remains a controversial issue. The notion of « elderly » does not mean the same for everyone and chronological age, except for the very old (> 85-90) is not sufficient to define an age limit. In 1993 the percentage of elderly patients of over 65 taken into intensive care units varied from 17% in New Zealand to 45% in the United States, with figures approaching 30% in Japan, Canada and France. These figures could increase beause of the ageing of the population.This course of events has not only medical consequencies but also economic ones which are tied to an increase in public health expenditure. It would this appear necessary to fix a limit to the admission of patients who would or would not benefit from intensive care. With this aim in view, a system of measuring results has been set-up in order to assess the initial seriousness of the patients condition and response to treatment during hospitalisation. Amongst the critera used, age has been taken as a limiting factor to intensive care admission.If one assesses the efficiency of intensive care in terms of mortality rate, a French study carried out on 3 867 patients from various centres shows that the mortality rate rose from 12% for patients of 40 years of age to 25% for patients of 70. However, mortality varied between 30% and 50% according to the various studies, the type of intensive care unit diminish with age but other factors related to acute pathology or to underlying diseases also influence the case and admission should not be refused on this one critérium only. The looking after of elderly patients during their stay in intensive care units does not seem to be any different from that of younger patients as far as choice and carrying out of intensive care techniques are concerned. However, physical and psychic particularities related to ageing should be taken into consideration.The analysis of the very few existing studies on the quality of life of elderly people subsequent to staying in a medical or surgical intensive care unit show that the mortality rate after one year is greater for elderly people than for younger people but that their quality of life is the same. Most of these studies point to the importance of an elderly patient’s rehabilitation during hospitalisation in an intensive care unit. This is essential to social reinsertion.Cairn free access