Idéaux, valeurs et nécessités économiques

Début 2022 est paru un ouvrage qu’auraient grand intérêt à lire nos gouvernants et ceux qui les conseillent, en particulier en matière économique : Le Prix de nos valeurs. Quand nos idéaux se heurtent à nos désirs matériels, d’Augustin Landier et David Thesmar. Les auteurs s’y penchent sur le décal...

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Auteur principal: Cusset, Pierre-Yves
Format: Article ou chapitre numérique
Langue:Français
Publié: 2022
Accès en ligne:Accès Université d'Orléans et IFPM
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Description
Résumé:Début 2022 est paru un ouvrage qu’auraient grand intérêt à lire nos gouvernants et ceux qui les conseillent, en particulier en matière économique : Le Prix de nos valeurs. Quand nos idéaux se heurtent à nos désirs matériels, d’Augustin Landier et David Thesmar. Les auteurs s’y penchent sur le décalage manifeste entre l’opinion des économistes (qui souvent nourrit la décision publique) et celle des individus « ordinaires », animés par leurs idéaux, leurs valeurs, mais aussi leurs aspirations et contraintes matérielles, parfois contradictoires. « Les vrai[e]s gens s’avèrent fort différent[e]s de l’ Homo œconomicus, ce robot froid et excellent calculateur des manuels d’économie », écrivent-ils. Cet écart pourrait expliquer la défiance croissante vis-à-vis de l’expertise et alimenterait, selon les auteurs, la montée des populismes, extrémismes ou de l’abstention, et par extension, l’affaiblissement des démocraties.Pierre-Yves Cusset a lu cet ouvrage et en résume ici les principaux enseignements, à commencer par ce décalage entre les valeurs des économistes et celles du reste du monde, illustré par de nombreux exemples concrets et particulièrement parlants (en matière de libre-échange, d’immigration, d’héritage, etc.). Puis il présente les résultats de l’enquête internationale qui sert, dans la deuxième partie du livre, à évaluer les aspirations des individus selon le coût économique des options qui leur sont proposées — permettant d’appréhender les compromis qu’ils seraient prêts à faire (ou non) entre leurs principes moraux et la réalité économique. In fine, en dépit des certitudes qui peuvent animer beaucoup d’économistes, ceux-ci n’ont pas le monopole de la bonne décision, et les citoyens sont les seuls légitimes pour faire leurs choix économiques, selon une rationalité qui leur est propre et dont il faut tenir compte.  S.D.