La société libérale européenne dans un monde multipolaire

En ce début du XXIe siècle la société libérale européenne est soumise à des tensions internes et externes (changement démographique et climatique, populisme, Brexit), qui remettent en cause le fait libéral dans ses fondements : l’indépendance de la société vis-à-vis du pouvoir et son autonomie. Or d...

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1. Verfasser: Leconte, Arnaud
Format: Article ou chapitre numérique
Sprache:Français
Veröffentlicht: 2017
Online Zugang:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Beschreibung
Zusammenfassung:En ce début du XXIe siècle la société libérale européenne est soumise à des tensions internes et externes (changement démographique et climatique, populisme, Brexit), qui remettent en cause le fait libéral dans ses fondements : l’indépendance de la société vis-à-vis du pouvoir et son autonomie. Or dans un monde multi-polaire où les États-Unis et la Chine ont choisi le Pacifique comme lieu d’affrontement pour établir leur règne de première puissance globale du XXIe siècle, l’Europe a une carte à jouer comme puissance libérale et de paix.Les quatre « libertés » de circulation des biens, des personnes, des capitaux et des services, considérées comme fondamentales par l’Union Européenne, établissent une Europe de l’Ancien Régime, au sens de Tocqueville, pour asseoir un monopole en matière juridique, économique et bien sûr de débat politique : la censure veille sur les esprits novateurs.La priorité est de renforcer les piliers de la société libérale. L’autonomie de l’Union Européenne et sa capacité à se projeter doivent se faire par la réforme de ses institutions et l’inversion des pouvoirs : la réduction du nombre des représentants des institutions à moins de cent membres directement élus, dont sept membres « stratèges » sont les représentants permanents du Conseil Européen sur un programme de gouvernance européenne en charge de l’épanouissement de la société libérale et des biens communs (accès au savoir, préservation des biens culturels et environnementaux, défense du territoire européen). L’inversion des pouvoirs doit s’appuyer sur de nouvelles libertés : L’Europe doit s’émanciper par un effort collectif permettant à chaque citoyen l’accès à un toit, aux soins et à une nutrition régulière et équilibrée, une nouvelle liberté l’« Europadomus ». Elle doit s’émanciper des sociétés multinationales contrôlant l’information et établir un internet de la connaissance et du savoir par la mise en relation et en perspective des travaux des scientifiques, artistes et philosophes du monde entier tout en leur assurant une rémunération équitable pour leur contribution au bien commun, une nouvelle liberté l’« Europasapiens ».Finalement, l’Europe ne peut se donner comme objectif le développement durable sans accorder à tous les êtres vivants une nouvelle reconnaissance juridique protective et ainsi déclarer les Droits de l’Homme, du Citoyen et des Espèces Vivantes. La disparition des animaux sauvages et autres invertébrés met en péril la biodiversité et la liberté pour les générations futures de vivre en harmonie avec la nature. La nouvelle liberté « Europavitae » laisse des espaces sans activités et sans présence humaine sur tout le territoire européen.