Deux ans après Lisbonne, l'Europe dans la crise
RésuméEntré en vigueur le 1er décembre 2009, le traité de Lisbonne a marqué quelques progrès dans le mode de fonctionnement de l’Union : renforcement des pouvoirs du Parlement européen, élargissement du domaine permettant des décisions à la majorité au Conseil, mode de désignation du président de la...
Enregistré dans:
| Auteur principal: | |
|---|---|
| Format: | Article ou chapitre numérique |
| Langue: | Français |
| Publié: |
2011
|
| Accès en ligne: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Résumé: | RésuméEntré en vigueur le 1er décembre 2009, le traité de Lisbonne a marqué quelques progrès dans le mode de fonctionnement de l’Union : renforcement des pouvoirs du Parlement européen, élargissement du domaine permettant des décisions à la majorité au Conseil, mode de désignation du président de la Commission. Mais le traité a laissé subsister plusieurs des faiblesses principales des textes antérieurs (révision, ressources budgétaires, fiscalité). Il a affaibli, en la divisant, la fonction exécutive et de représentation de l’Union tout en renonçant à afficher ses symboles.Dans l’ordre intérieur, l’Union a traversé sa plus grave crise bancaire, financière, monétaire, économique et sociale. Elle a imposé aux États membres en difficulté des plans de sauvetage tardifs marqués par plus de rigueur que de solidarité. Elle a franchi un pas significatif vers une coordination des politiques nationales en donnant priorité à l’assainissement des finances publiques sur le soutien à la croissance et à l’emploi. Le rôle de la Banque centrale s’est révélé décisif dans la sauvegarde de l’union monétaire.Dans le domaine extérieur, l’affaire libyenne a montré les limites de la politique étrangère et de sécurité commune. Face aux révoltes du monde arabe et au problème palestinien, le nouveau service européen d’action extérieure, tout juste mis en place, n’est pas parvenu à obtenir une attitude commune des diplomaties nationales. L’avenir de la nouvelle Union pour la Méditerranée est incertain.À partir d’une situation confuse, plusieurs scénarios sont envisageables.Le plus probable est celui de la continuité. Le marché unique et l’union monétaire sont préservés au prix de difficultés et de tensions. L’Union peine à s’affirmer comme un acteur majeur de la scène internationale. Elle poursuit un lent processus d’élargissement limité aux Balkans sans nouvelles réformes institutionnelles.Un deuxième scénario plus sombre ne peut être exclu. La primauté de l’intergouvernemental et l’effacement concomitant de la Commission conduisent à des tensions croissantes à la fois entre petits et grands et entre les grands. La solidarité insuffisante menace l’intégrité de la zone euro.Le scénario le plus positif n’est pas le plus vraisemblable. Il suppose que le désir de sauver l’euro coïncidant avec un renouveau d’intérêt pour l’Europe des dirigeants allemands conduise à un pas en avant vers plus de discipline et de solidarité, c’est-à-dire vers plus d’Europe politique. Ainsi l’Union sortirait renforcée de la crise mais limitée à la zone euro. Dans un climat transformé et grâce à des progrès de nature à montrer à quoi peut servir l’Europe, le centième anniversaire de la grande guerre civile européenne, coïncidant avec le renouvellement du Parlement et de la Commission, pourrait être l’occasion de rouvrir le chantier institutionnel. Il resterait à définir les sources de légitimité d’un gouvernement à la fois proche et distinct des gouvernements nationaux et à organiser la différenciation entre les États prêts à franchir une nouvelle étape et les autres. |
|---|