Le grouillement des vérités concurrentes dans les salles de classe

L’avènement de ce que Bauman (2003) définit comme la “modernité liquide” correspond à la fin de la longue période au cours de laquelle les savoirs enseignés à l’école ont été regardés comme incontestables parce qu’ils bénéficiaient d’un garant absolu, en l’occurrence et selon les temps, Dieu, la Rai...

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Hlavní autor: Charlier, Jean-Émile
Médium: Article ou chapitre numérique
Jazyk:Français
Vydáno: 2014
On-line přístup:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
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Shrnutí:L’avènement de ce que Bauman (2003) définit comme la “modernité liquide” correspond à la fin de la longue période au cours de laquelle les savoirs enseignés à l’école ont été regardés comme incontestables parce qu’ils bénéficiaient d’un garant absolu, en l’occurrence et selon les temps, Dieu, la Raison, la Nature ou la Science. Hormis quelques idéalistes, parmi lesquels Condorcet, les pères de l’école obligatoire n’ont pas considéré que l’exposition à la vérité suffirait à guider les conduites des élèves de façon harmonieuse. Ils l’ont donc dotée d’un ordre disciplinaire qui exprime un projet politique qui ne doit rien à la vérité, mais qui a inclus l’obligation de reconnaître ce qui est défini comme tel et de s’y soumettre. Avec la “modernité liquide”, ce projet politique est devenu l’exaltation de l’autonomie et de la responsabilité de l’individu. Toutes les formes de vérité s’en trouvent réhabilitées, la salle de classe devient un espace où chacune d’elles peut se mesurer à toutes les autres.