La “société de la connaissance” : généalogie d’une double réduction

Le terme “société de la connaissance” a remplacé le terme plus ancien de “société de la communication”, né dans l’immédiat après-guerre, sans que son sens initial en ait été affecté. La première hypothèse autour de laquelle cet article s’articule est que le contenu de cette notion a pris naissance...

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Main Author: Breton, Philippe
Format: Article ou chapitre numérique
Language:Français
Published: 2005
Online Access:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Description
Summary:Le terme “société de la connaissance” a remplacé le terme plus ancien de “société de la communication”, né dans l’immédiat après-guerre, sans que son sens initial en ait été affecté. La première hypothèse autour de laquelle cet article s’articule est que le contenu de cette notion a pris naissance au sein du paradigme informationnel cybernétique qui s’est formé dans les années 1940. La deuxième hypothèse est que la confusion entre science et connaissance qui s’installe à la Renaissance se déploie depuis dans un contexte de réduction de la science à l’informationnel, et de dévalorisation du politique, c’est-à-dire, in fine, de l’opinion, comme modalité légitime de connaissance. La notion de société de la connaissance est donc le produit d’un double déplacement : d’une part la connaissance est assimilée à la science, plus précisément à la technoscience, d’autre part la connaissance scientifique est réduite à l’information, cette dernière étant toujours prise dans la perspective opérationnelle des nouvelles technologies.