Le corps, déchet du discours capitaliste : de son autodéfinition à sa perception comme carcasse

Si c’est bien par le corps qu’un sujet s’insère dans un discours, alors la question de son statut dans le discours capitaliste mérite d’être posée de nouveau. Or, la novation – notamment l’inversion des places entre S1 et $, et la diagonale centrale entre a et $ – permet non seulement son fonctionn...

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1. Verfasser: Trampon, Jonathan
Format: Article ou chapitre numérique
Sprache:Français
Veröffentlicht: 2020
Online Zugang:Accès Université d'Orléans et IFPM
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spelling cairn-ESS_045_0151ESSEssaim https://shs.cairn.info/revue-essaim-2020-2-page-151?lang=fr https://doi.org/10.3917/ess.045.0151 Le corps, déchet du discours capitaliste : de son autodéfinition à sa perception comme carcasse Trampon, Jonathan2020 fre Essaim | 45 | 2 | 2020-10-29 | p. 151-161 | 1287-258X ESS_04515 Si c’est bien par le corps qu’un sujet s’insère dans un discours, alors la question de son statut dans le discours capitaliste mérite d’être posée de nouveau. Or, la novation – notamment l’inversion des places entre S1 et $, et la diagonale centrale entre a et $ – permet non seulement son fonctionnement infernal, mais entraîne le corps dans deux mouvements distincts. Le premier, qui s’intègre dans une perspective que nous nommons axiologique, promeut l’autotélisme du sujet par son corps ; le second, selon une perspective dite dialectique, fusionne le sujet et son corps – corps réduit à sa dimension d’organisme muet où il n’est plus dit que le sujet a un corps, mais l’ est. Dialectique de l’être et non plus de l’avoir. Le sujet est ainsi à la fois l’autodéfinisseur de lui-même et le reste, le déchet inassimilable de cette définition. Ce n’est qu’en tant que tel que le corps du prolétaire est « détaill[é] pour l’échange » (Lacan, 1968), ce qui n’est pas sans effet d’angoisse. Ainsi, le sujet vient soutenir et souffrir qu’au cœur du discours capitaliste ce n’est pas en-corps ça.If it is through the body that a subject is inserted in the discourse then the question of his status in the capitalist discourse needs to be raised once more. For the innovation –notably the inversion of places between S1 and $, and the central diagonal between a and $--not only produces its infernal functioning but entails two distinct movements for the body. The first, within a perspective that we call axiological, leads to the autotelic subject through his body: the second from a dialectical perspective merges the subject and the body—the body reduced to a silent organism in which the subject no longer has a body but is the body. The dialectic of being and no longer having. The subject is thus both the auto-definer of himself and the rest, the non-assimilated waste of this definition. It is only as such that the body of the proletarian is “detailed for exchange” (Lacan 1968), entailing its impact of anxiety. The subject thus sustains and suffers that at the heart of the capitalist discourse it is not ex-actly that.Cairn free access
language Français
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description Si c’est bien par le corps qu’un sujet s’insère dans un discours, alors la question de son statut dans le discours capitaliste mérite d’être posée de nouveau. Or, la novation – notamment l’inversion des places entre S1 et $, et la diagonale centrale entre a et $ – permet non seulement son fonctionnement infernal, mais entraîne le corps dans deux mouvements distincts. Le premier, qui s’intègre dans une perspective que nous nommons axiologique, promeut l’autotélisme du sujet par son corps ; le second, selon une perspective dite dialectique, fusionne le sujet et son corps – corps réduit à sa dimension d’organisme muet où il n’est plus dit que le sujet a un corps, mais l’ est. Dialectique de l’être et non plus de l’avoir. Le sujet est ainsi à la fois l’autodéfinisseur de lui-même et le reste, le déchet inassimilable de cette définition. Ce n’est qu’en tant que tel que le corps du prolétaire est « détaill[é] pour l’échange » (Lacan, 1968), ce qui n’est pas sans effet d’angoisse. Ainsi, le sujet vient soutenir et souffrir qu’au cœur du discours capitaliste ce n’est pas en-corps ça.
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