Quand prendre langue fait surgir l’objet regard…
La clinique analytique avec les Sourds instruit sur certaines dimensions de lalangue et de la voix passées le plus souvent sous silence, mais qui nous enseignent bien au-delà de ces seuls sujets. Elle atteste du surgissement d’un parlant hors le sonore et confirme l’existence de ces « autres voies q...
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| Κύριος συγγραφέας: | |
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| Μορφή: | Article ou chapitre numérique |
| Γλώσσα: | Français |
| Έκδοση: |
2020
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| Διαθέσιμο Online: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
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cairn-ESS_045_0125ESSEssaim https://shs.cairn.info/revue-essaim-2020-2-page-125?lang=fr https://doi.org/10.3917/ess.045.0125 Quand prendre langue fait surgir l’objet regard… Meynard, André2020 fre Essaim | 45 | 2 | 2020-10-29 | p. 125-139 | 1287-258X ESS_04513 La clinique analytique avec les Sourds instruit sur certaines dimensions de lalangue et de la voix passées le plus souvent sous silence, mais qui nous enseignent bien au-delà de ces seuls sujets. Elle atteste du surgissement d’un parlant hors le sonore et confirme l’existence de ces « autres voies que vocales pour recevoir le langage » qu’évoquait J. Lacan. Se révèle ici l’importance du gestuel, du visuel et du tactile pour l’efficace d’une telle « réception ». Certes, dans la dominante de notre texte culturel, de telles déclinaisons du littéral se trouvent encore fortement négligées. Que touchent donc de telles modalités langagières dans l’interlocution ? Que mettent-elles en tension ? Est-il en effet si simple de reconnaître ce que les Sourds nous révèlent à leur insu ? Ne devenons-nous pas « sourds et muets » par une telle rencontre ? À partir notamment de mes propres gênes et embarras dans les débuts d’un tel « prendre langue », je développerai comment – pour nous qui vocalisons – vient ici surgir l’objet regard. Comment ainsi, faisant tache dans le tableau, nous nous retrouvons soudain dans un déménagement pulsionnel bien inconfortable puisque nous voilà déplacés, déportés de nos repères langagiers coutumiers… The psychoanalytic clinic with the Deaf highlights certain dimensions of lalangue and the voice, dimensions which are generally ignored but provide a source of instruction that goes far beyond these subjects. The clinic bears witness to the emergence of a soundless speaking being and confirms the existence of those “ways other than vocal to receive the language” that J. Lacan alluded to. The gesture, the visual and the tactile are here of utmost importance if such a “reception” is to succeed. Of course within the dominant cultural context, these language forms are very largely ignored. What do they elicit in interlocution? What do they provoke? Is it so simple to recognise what the Deaf unknowingly reveal? Doesn’t one become in turn “deaf and dumb” after such an encounter? Starting from my own discomfort and embarrassment in the beginnings of such an “exchange” ( prendre langue), I will explore the way in which -for us who vocalise- the gaze object emerges. The way in which, like a blot on the landscape, one finds oneself suddenly in the throes of a very uncomfortable drive movement, displaced and deported far from one’s customary language markers.Cairn free access |
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Français |
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La clinique analytique avec les Sourds instruit sur certaines dimensions de lalangue et de la voix passées le plus souvent sous silence, mais qui nous enseignent bien au-delà de ces seuls sujets. Elle atteste du surgissement d’un parlant hors le sonore et confirme l’existence de ces « autres voies que vocales pour recevoir le langage » qu’évoquait J. Lacan. Se révèle ici l’importance du gestuel, du visuel et du tactile pour l’efficace d’une telle « réception ». Certes, dans la dominante de notre texte culturel, de telles déclinaisons du littéral se trouvent encore fortement négligées. Que touchent donc de telles modalités langagières dans l’interlocution ? Que mettent-elles en tension ? Est-il en effet si simple de reconnaître ce que les Sourds nous révèlent à leur insu ? Ne devenons-nous pas « sourds et muets » par une telle rencontre ? À partir notamment de mes propres gênes et embarras dans les débuts d’un tel « prendre langue », je développerai comment – pour nous qui vocalisons – vient ici surgir l’objet regard. Comment ainsi, faisant tache dans le tableau, nous nous retrouvons soudain dans un déménagement pulsionnel bien inconfortable puisque nous voilà déplacés, déportés de nos repères langagiers coutumiers… |
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