« Pas sans Lacan ». De la peur à l’uneasiness

En 1979, l’heure était au mot d’ordre « tous lacaniens » lancé par J.-A. Miller. Dans cet article, l’auteur fait l’hypothèse que la dissolution de l’École freudienne de Paris et la mort de Lacan ont rendu la question « qu’est-ce qu’être lacanien ? » aiguë – et ce même si les tentatives de réponse n’...

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Prif Awdur: Lenormand, Marie
Fformat: Article ou chapitre numérique
Iaith:Français
Cyhoeddwyd: 2019
Mynediad Ar-lein:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
id cairn-ESS_042_0127
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spelling cairn-ESS_042_0127ESSEssaim https://shs.cairn.info/revue-essaim-2019-1-page-127?lang=fr https://doi.org/10.3917/ess.042.0127 « Pas sans Lacan ». De la peur à l’uneasiness Lenormand, Marie2019 fre Essaim | 42 | 1 | 2019-03-04 | p. 127-139 | 1287-258X ESS_04264 En 1979, l’heure était au mot d’ordre « tous lacaniens » lancé par J.-A. Miller. Dans cet article, l’auteur fait l’hypothèse que la dissolution de l’École freudienne de Paris et la mort de Lacan ont rendu la question « qu’est-ce qu’être lacanien ? » aiguë – et ce même si les tentatives de réponse n’ont pas été immédiatement thématisées comme telles. Tout en rappelant les diverses élaborations auxquelles cette question a donné lieu – notamment en la rapprochant de « qu’est-ce qu’être cartésien ? » –, l’auteur fait l’hypothèse qu’au-delà de la dimension théorique portant sur l’héritage lacanien, c’est le démantèlement de la « fabrique des lacaniens » qui, aujourd’hui, conduit Essaim à la question « qui a peur de se dire lacanien ? ». Or, plutôt que de voir la dimension seulement négative du démantèlement de cette « fabrique du lacanien », l’auteur propose d’y voir, au contraire, autre chose qu’un retour à un statu quo ante 1964 et la possibilité de trouver un point d’impossible susceptible d’orienter les analystes d’aujourd’hui. En effet, on oublie trop souvent de remarquer qu’à partir de 1980, tous les analystes issus des associations de psychanalyse post-dissolution sont « pas sans Lacan », et ce quels que soient leur approche doctrinale et le dispositif institutionnel dans lequel ils s’inscrivent. S’interrogeant sur ce dont, désormais, Lacan peut être le nom, l’auteur propose un certain nombre de formulations – propres à faire passer de la peur de se dire lacanien à une légitime inquiétude ou uneasiness d’être ou de se dire « pas sans Lacan ».1979 was the year Jacques-Alain Miller launched his slogan “all Lacanians”. In this article the author makes the hypothesis that the dissolution of the Ecole Freudienne de Paris and the death of Lacan served to intensify the question: “what is it to be Lacanian?” –even if the attempts at answering were not immediately considered as such. Whilst simultaneously referring to the various developments this issue gave rise to –notably in linking it to the question of “what it is to be Cartesian”– the author hypothesises that beyond the theoretical dimension of Lacanian legacy, it is the dismantling of this “Lacanian fabrication” that today leads Essaim to the question “who is afraid to call himself Lacanian?”.Yet rather than focusing only on the negative dimension of the dismantling of this “Lacanian fabrication”, the author on the contrary here suggests looking at something other than a return to the status quo ante 1964 and the possibility of finding a point of impossibility likely to orientate analysts today. Effectively it is often forgotten that from the 1980s all analysts coming from post-dissolution psychoanalytic associations are “not without Lacan”, whatever their doctrinal approach and their institutional framework.Cairn free access
language Français
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description En 1979, l’heure était au mot d’ordre « tous lacaniens » lancé par J.-A. Miller. Dans cet article, l’auteur fait l’hypothèse que la dissolution de l’École freudienne de Paris et la mort de Lacan ont rendu la question « qu’est-ce qu’être lacanien ? » aiguë – et ce même si les tentatives de réponse n’ont pas été immédiatement thématisées comme telles. Tout en rappelant les diverses élaborations auxquelles cette question a donné lieu – notamment en la rapprochant de « qu’est-ce qu’être cartésien ? » –, l’auteur fait l’hypothèse qu’au-delà de la dimension théorique portant sur l’héritage lacanien, c’est le démantèlement de la « fabrique des lacaniens » qui, aujourd’hui, conduit Essaim à la question « qui a peur de se dire lacanien ? ». Or, plutôt que de voir la dimension seulement négative du démantèlement de cette « fabrique du lacanien », l’auteur propose d’y voir, au contraire, autre chose qu’un retour à un statu quo ante 1964 et la possibilité de trouver un point d’impossible susceptible d’orienter les analystes d’aujourd’hui. En effet, on oublie trop souvent de remarquer qu’à partir de 1980, tous les analystes issus des associations de psychanalyse post-dissolution sont « pas sans Lacan », et ce quels que soient leur approche doctrinale et le dispositif institutionnel dans lequel ils s’inscrivent. S’interrogeant sur ce dont, désormais, Lacan peut être le nom, l’auteur propose un certain nombre de formulations – propres à faire passer de la peur de se dire lacanien à une légitime inquiétude ou uneasiness d’être ou de se dire « pas sans Lacan ».
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