« Dieu n’a pas encore fait son exit »
L’athéisme de Freud ne peut être considéré comme une position idéologique. Il découle de l’élaboration de sa théorie psychanalytique et donc plus fondamentalement encore de sa clinique. Mais, chose curieuse, il semble qu’un certain hiatus existe entre deux termes pourtant proches : religion et relig...
Uloženo v:
| Hlavní autor: | |
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| Médium: | Article ou chapitre numérique |
| Jazyk: | Français |
| Vydáno: |
2016
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| On-line přístup: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Shrnutí: | L’athéisme de Freud ne peut être considéré comme une position idéologique. Il découle de l’élaboration de sa théorie psychanalytique et donc plus fondamentalement encore de sa clinique. Mais, chose curieuse, il semble qu’un certain hiatus existe entre deux termes pourtant proches : religion et religiosité. Si le premier se réfère au meurtre du père et à la culpabilité, le second est plus diffus puisqu’il va de la détresse ressentie par l’enfant au domptage des pulsions. Elle concerne tout un chacun et peut se déployer de façon latente, masquée, voire inconsciente. On peut donc se demander si elle ne serait pas présente là où on l’attendrait le moins : dans la lecture des séminaires de J. Lacan. Nous nous arrêterons sur un exemple précis que nous prendrons dans L’identification. On est accoutumé à dire (et à lire) que la coupure en double tour du cross-cap représente la formule du fantasme ($ ◊ a). Est-il sûr que ce soit là ce que nous dit Lacan dans les dernières leçons de ce séminaire ? En fait, il n’en est rien ! D’autant que ce n’est que le 15 décembre 1965 que Lacan identifie pour la première fois le sujet à la bande de Mœbius. Il en résulte que l’on anticipe de trois ans, en 1962, une invention que Lacan n’a pu réaliser qu’en 1965. Que signifie cette anticipation ? En quoi consiste-t-elle ? Elle correspond à un court-circuit que l’on peut repérer si l’on se réfère au temps logique. Le moment de conclure est directement rabattu sur l’instant de voir au détriment du temps pour comprendre. La question se pose alors : d’où serait venu à Lacan ce savoir anticipé ? N’est-il pas mis ainsi dans la position même où se tenait Newton ? Nous retrouvons là les éléments d’un débat sur lequel Lacan est maintes fois revenu. L’idée d’un Dieu supposé connaître les lois de l’univers qu’il n’y aurait dès lors qu’à lire est une fiction, celle d’un sujet supposé savoir, qu’il s’applique à récuser. En fait, pour Lacan, psychanalyse et religion sont en position antagoniste. Nous suivrons pour terminer les différentes modalités selon lesquelles Lacan entend « laïciser ce bon vieux Dieu », du Nom-du-Père au Père nommant, même si son hypothèse reste nécessitée par la structure même du langage. |
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