Des dieux et de l’analyste
Freud démontre dans L’avenir d’une illusion le mirage de la foi dans le Dieu des monothéismes. Interrogeant la logique du langage, Lacan montre que l’hypothèse Dieu n’est pas à la merci de la foi, mais tient à ce qu’il y a de plus réel dans le symbolique.L’Un ne trouve, au lieu de l’Autre, qu’une p...
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| Natura: | Article ou chapitre numérique |
| Lingua: | Français |
| Pubblicazione: |
2015
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| Accesso online: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
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cairn-ESS_035_0019ESSEssaim https://shs.cairn.info/revue-essaim-2015-2-page-19?lang=fr https://doi.org/10.3917/ess.035.0019 Des dieux et de l’analyste Soler, Colette2015 fre Essaim | 35 | 2 | 2015-09-14 | p. 19-26 | 1287-258X ESS_03539 Freud démontre dans L’avenir d’une illusion le mirage de la foi dans le Dieu des monothéismes. Interrogeant la logique du langage, Lacan montre que l’hypothèse Dieu n’est pas à la merci de la foi, mais tient à ce qu’il y a de plus réel dans le symbolique.L’Un ne trouve, au lieu de l’Autre, qu’une place vide, un moins un. Ce que subsume la fameuse formule de Lacan « il n’y a pas de rapport sexuel ».Si Lacan émet (dans Télévision) l’hypothèse que les dieux ont ex-sisté à l’époque du paganisme, donc qu’ils étaient réels, il constate qu’aujourd’hui le Dieu des philosophes, celui censé garantir le savoir, est « un peu malade ».On peut croire en Dieu, mais comment le croire, puisqu’il ne dit mot ? Cette remarque s’applique aussi bien au partenaire symptôme, qu’il soit une femme ou autre : on peut croire en lui, mais de là à le croire…Alors, qu’en est-il de l’incroyance ? Elle serait à chercher du côté de ceux que Lacan nomme les dio-logues. Joyce en est un : le symptôme qu’est son écriture lui permet de ne pas croire en Dieu, non pas en incrédule (autre face de la crédulité), mais hors crédulité.Freud, in The Future of an Illusion, reveals the mirage of faith in the monotheistic God. In questioning the logics of language, Lacan shows that the hypothesis of God is not dependant on faith but rather on what is most real in the symbolic.One finds in the place of the Other an empty place, a minus one, what is subsumed in Lacan’s famous phrase “there is no sexual relation”.Whereas Lacan (in Television) put forward the hypothesis that the gods ex-sisted in the era of paganism and were therefore real, he maintains that today, the God of philosophers, the guarantor of knowledge, is “a bit ill”.One can believe in God but how to believe him, since he does not speak? This remark also applies to the partner symptom, be it a woman or other: one can believe in him/her but from that to believing him/her…So, what about disbelief? It is to be found in what Lacan names “dio-logues”. Joyce is one of them: the symptom which is his writing allows him not to believe in God, not as a disbeliever (the other side of believing) but as outside of belief.Cairn free access |
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Français |
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Freud démontre dans L’avenir d’une illusion le mirage de la foi dans le Dieu des monothéismes. Interrogeant la logique du langage, Lacan montre que l’hypothèse Dieu n’est pas à la merci de la foi, mais tient à ce qu’il y a de plus réel dans le symbolique.L’Un ne trouve, au lieu de l’Autre, qu’une place vide, un moins un. Ce que subsume la fameuse formule de Lacan « il n’y a pas de rapport sexuel ».Si Lacan émet (dans Télévision) l’hypothèse que les dieux ont ex-sisté à l’époque du paganisme, donc qu’ils étaient réels, il constate qu’aujourd’hui le Dieu des philosophes, celui censé garantir le savoir, est « un peu malade ».On peut croire en Dieu, mais comment le croire, puisqu’il ne dit mot ? Cette remarque s’applique aussi bien au partenaire symptôme, qu’il soit une femme ou autre : on peut croire en lui, mais de là à le croire…Alors, qu’en est-il de l’incroyance ? Elle serait à chercher du côté de ceux que Lacan nomme les dio-logues. Joyce en est un : le symptôme qu’est son écriture lui permet de ne pas croire en Dieu, non pas en incrédule (autre face de la crédulité), mais hors crédulité. |
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