L'autisme : symptôme de l'antipsychanalyse ?

RésuméLe mot « autisme » rencontre un succès difficilement explicable. Il n’était pourtant pas accepté par Freud parce qu’inventé par Jung et Bleuler à partir de l’autoérotisme dont l’éros était évincé. Melanie Klein qui décrivit le premier cas (Dick) n’a jamais voulu employer ce terme contrairement...

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المؤلف الرئيسي: Alerini, Paul
التنسيق: Article ou chapitre numérique
اللغة:Français
منشور في: 2011
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id cairn-ESS_027_0007
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spelling cairn-ESS_027_0007ESSEssaim https://shs.cairn.info/revue-essaim-2011-2-page-7?lang=fr https://doi.org/10.3917/ess.027.0007 L'autisme : symptôme de l'antipsychanalyse ? Alerini, Paul2011 fre Essaim | 27 | 2 | 2011-11-01 | p. 7-31 | 1287-258X ESS_02789 RésuméLe mot « autisme » rencontre un succès difficilement explicable. Il n’était pourtant pas accepté par Freud parce qu’inventé par Jung et Bleuler à partir de l’autoérotisme dont l’éros était évincé. Melanie Klein qui décrivit le premier cas (Dick) n’a jamais voulu employer ce terme contrairement à Anna Freud et son disciple Bruno Bettelheim. Mais c’est à partir des violentes controverses suscitées par celui-ci que les premiers mouvements d’adversaires de la psychanalyse voient le jour avec la rupture d’un de ses collaborateurs Eric Schopler qui met au point une méthode comportementaliste associant les parents, au début des années soixante. Autour de l’autisme considéré comme un handicap, la notion même de psychose infantile a pratiquement disparu. Le terme en vigueur actuellement est celui de « spectre autistique » désignant une échelle de syndromes allant des calculateurs savants aux lourdes coupures de la relation à l’autre. Ce sinistre spectre menace la psychanalyse des enfants en général car il justifie les recherches des technosciences et l’emploi généralisé des méthodes cognitivo-comportementalistes. Mais pourquoi ce mot « autisme » continue-t-il de fasciner les psychanalystes ?The word « autism » has met with considerable success which is difficult to explain. It was not however accepted by Freud because invented by Jung and Bleuler from an autoeroticism devoid of éros. Melanie Klein who described the first case (Dick), never used the term, contrary to Anna Freud and her disciple Bruno Bettelheim. However, the violent controversies provoked by the latter gave rise to the first opposing movements to psychoanalysis, with the departure of one of his collaborators, Éric Schopler, who set up a behavioral method associating parents, at the beginning of the 1960s. With autism considered as a handicap, the notion of infantile psychosis has practically disappeared. The current term in use is « autistic spectre », designating a scale of syndromes going from know- ledgeable calculations to serious ruptures of the relation with the other. This sinister spectre is a threat to child psychoanalysis in general because it justifies the researches in techno-sciences and the widespread use of cognitive-behavioral methods. Why, however does the word « autism » continue to fascinate psychoanalysts ?Cairn free access
language Français
format Article ou chapitre numérique
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description RésuméLe mot « autisme » rencontre un succès difficilement explicable. Il n’était pourtant pas accepté par Freud parce qu’inventé par Jung et Bleuler à partir de l’autoérotisme dont l’éros était évincé. Melanie Klein qui décrivit le premier cas (Dick) n’a jamais voulu employer ce terme contrairement à Anna Freud et son disciple Bruno Bettelheim. Mais c’est à partir des violentes controverses suscitées par celui-ci que les premiers mouvements d’adversaires de la psychanalyse voient le jour avec la rupture d’un de ses collaborateurs Eric Schopler qui met au point une méthode comportementaliste associant les parents, au début des années soixante. Autour de l’autisme considéré comme un handicap, la notion même de psychose infantile a pratiquement disparu. Le terme en vigueur actuellement est celui de « spectre autistique » désignant une échelle de syndromes allant des calculateurs savants aux lourdes coupures de la relation à l’autre. Ce sinistre spectre menace la psychanalyse des enfants en général car il justifie les recherches des technosciences et l’emploi généralisé des méthodes cognitivo-comportementalistes. Mais pourquoi ce mot « autisme » continue-t-il de fasciner les psychanalystes ?
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