L'utilité des mathématiques en psychanalyse

RésuméL’intérêt de Lacan pour les mathématiques n’est pas anecdotique et touche à l’essentiel de l’analyse. Les mathématiques mettent en forme les productions de l’analyse et, surtout, elles tendent à constituer la langue même de l’inconscient. Celles dont il se sert sont extrêmement variées : analy...

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Autor principal: Cléro, Jean-Pierre
Formato: Article ou chapitre numérique
Lenguaje:Français
Publicado: 2010
Acceso en línea:Accès Université d'Orléans et IFPM
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spelling cairn-ESS_024_0007ESSEssaim https://shs.cairn.info/revue-essaim-2010-1-page-7?lang=fr https://doi.org/10.3917/ess.024.0007 L'utilité des mathématiques en psychanalyse Cléro, Jean-Pierre2010 fre Essaim | 24 | 1 | 2010-05-03 | p. 7-36 | 1287-258X ESS_02440 RésuméL’intérêt de Lacan pour les mathématiques n’est pas anecdotique et touche à l’essentiel de l’analyse. Les mathématiques mettent en forme les productions de l’analyse et, surtout, elles tendent à constituer la langue même de l’inconscient. Celles dont il se sert sont extrêmement variées : analyse, suites arithmétiques, algèbre, calcul des probabilités, théorie des jeux, théorie des ensembles, géométrie, nodologie. Lacan ne se contente pas de propos superficiels sur les mathématiques ; il entre dans leurs détails, à la différence de son contemporain et ami Foucault, et il ne privilégie pas un secteur des mathématiques comme Lévi-Strauss qui attend une puissance de classement de la théorie des groupes. Mais nous suggérons que les mathématiques, même lorsqu’on en a une exacte connaissance – ce qui est assurément le cas de Lacan, qui toutefois se dispense de calculer –, réservent des difficultés au non-spécialiste. Nous essayons d’en pointer une avec le théorème de Desargues, qui est connu de Lacan, mais qui peut aussi être aisément retourné contre l’usage qu’il en fait faute de connaître ce qu’il lui eût été facile de tirer de Hilbert. Cette apparente critique est à double sens en ce qu’elle suggère que l’œuvre de Lacan doit être poursuivie dans les directions mêmes qui font quelque peu reculer un certain nombre de cliniciens que le rapport aux mathématiques effraie bien à tort.Lacan’s interest for mathematics, far from being anecdotic, affects the essential of analysis. Mathematics form the produce of analysis and, more importantly, tend to constitute the very language of the unconscious. Lacan’s use of mathematics is extremely varied : analysis, arithmetic, algebra, probability calculation, game theory, set theory, geometry, nodology. He does not content himself with a superficial approach to mathematics ; on the contrary he goes into detail, in contrast with Foucault, his contemporary and friend, and does not favour a particular sector of mathematics like Lévi-Strauss, who gave more importance to group theories. We, however, maintain that mathematics, even to the expert, which Lacan certainly was, although he refrained from calculating, hold difficulties in store for the non-specialist. We will try to point one out with Desargues’ theorem, known to Lacan but easily turned against his use of it, not knowing what would have been easy to draw from Hilbert. This apparent critique is two-way in that it suggests that Lacan’s work should be pursued in the very directions a certain number of analysts recoil from, mistakenly fearful of the connection with mathematics.Cairn free access
language Français
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description RésuméL’intérêt de Lacan pour les mathématiques n’est pas anecdotique et touche à l’essentiel de l’analyse. Les mathématiques mettent en forme les productions de l’analyse et, surtout, elles tendent à constituer la langue même de l’inconscient. Celles dont il se sert sont extrêmement variées : analyse, suites arithmétiques, algèbre, calcul des probabilités, théorie des jeux, théorie des ensembles, géométrie, nodologie. Lacan ne se contente pas de propos superficiels sur les mathématiques ; il entre dans leurs détails, à la différence de son contemporain et ami Foucault, et il ne privilégie pas un secteur des mathématiques comme Lévi-Strauss qui attend une puissance de classement de la théorie des groupes. Mais nous suggérons que les mathématiques, même lorsqu’on en a une exacte connaissance – ce qui est assurément le cas de Lacan, qui toutefois se dispense de calculer –, réservent des difficultés au non-spécialiste. Nous essayons d’en pointer une avec le théorème de Desargues, qui est connu de Lacan, mais qui peut aussi être aisément retourné contre l’usage qu’il en fait faute de connaître ce qu’il lui eût été facile de tirer de Hilbert. Cette apparente critique est à double sens en ce qu’elle suggère que l’œuvre de Lacan doit être poursuivie dans les directions mêmes qui font quelque peu reculer un certain nombre de cliniciens que le rapport aux mathématiques effraie bien à tort.
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