L'objet du mélancolique

Le désintérêt du sujet mélancolique envers les choses de la réalité se manifeste, entre autres éléments exprimés, par l’équivalence des objets, autrement dit par leur caractère de substituabilité à l’infini. C’est dire que les objets se présentent dans une sorte de juxtaposition plane, sans aucun...

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मुख्य लेखक: Lambotte, Marie-Claude
स्वरूप: Article ou chapitre numérique
भाषा:Français
प्रकाशित: 2008
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id cairn-ESS_020_0007
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spelling cairn-ESS_020_0007ESSEssaim https://shs.cairn.info/revue-essaim-2008-1-page-7?lang=fr https://doi.org/10.3917/ess.020.0007 L'objet du mélancolique Lambotte, Marie-Claude2008 fre Essaim | 20 | 1 | 2008-05-06 | p. 7-19 | 1287-258X ESS_02069 Le désintérêt du sujet mélancolique envers les choses de la réalité se manifeste, entre autres éléments exprimés, par l’équivalence des objets, autrement dit par leur caractère de substituabilité à l’infini. C’est dire que les objets se présentent dans une sorte de juxtaposition plane, sans aucun relief, et qu’aucun d’entre eux n’acquiert plus de valeur qu’un autre. Le déni de leur valeur va de pair avec la croyance en un absolu du sens qui doit bien exister quelque part, derrière les choses, derrière cette réalité plane qui lui fait écran. De quelle déception ou de quelle traîtrise originelle s’agit-il pour le sujet mélancolique qui se défend ainsi d’un objet essentiellement défaillant et qui reporte son investissement sur un idéal supposé derrière les choses ? La collusion entre l’objet (a) et l’Idéal du moi est alors à redouter. Mais le sujet mélancolique parvient encore, dans une reprise d’intérêt pour une activité spécifique qui consiste en la composition, en l’agencement de son environnement local, à faire surgir des objets de contemplation, autrement dit des objets esthétiques susceptibles de désigner cet au-delà des choses de façon métonymique et de remplir cette fonction d’écran attribuée jusqu’à présent à la réalité. Si un tel objet semble bien relever de l’esthétique au plan philosophique, quel statut revêt-il au plan métapsychologique ?The object of the melancholic subject The melancholic subject’s disinterest in reality shows itself, among other elements, in the sameness of its objects, in other words, in their infinite interchangeability ; which explains that all objects appear placed together on an even plane, each one equal to the other. The denial of their worth goes hand in hand with the belief in an absolute meaning existing elsewhere, behind the meaning of things, hidden behind the even plane of reality. What original deception or betrayal is at stake for the melancholic subject to so protect himself from an essentially defaulting object and to transfer cathexis onto a presumed ideal behind all things ? The collusion between the a object and the ego ideal is then to be feared. The melancholic subject, however, in a renewal of interest for a specific activity which consists in the composition and structuring of his surroundings, succeeds in conjuring up objects for contemplation, in other words aesthetic objects capable, metonymically, of designating the beyond and of fulfilling the screen function attributed up to then, to reality. Whereas admittedly such an object seems a matter of aesthetic quality on the philosophical level, what status does it take on, on a metapsychological level ?Cairn free access
language Français
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description Le désintérêt du sujet mélancolique envers les choses de la réalité se manifeste, entre autres éléments exprimés, par l’équivalence des objets, autrement dit par leur caractère de substituabilité à l’infini. C’est dire que les objets se présentent dans une sorte de juxtaposition plane, sans aucun relief, et qu’aucun d’entre eux n’acquiert plus de valeur qu’un autre. Le déni de leur valeur va de pair avec la croyance en un absolu du sens qui doit bien exister quelque part, derrière les choses, derrière cette réalité plane qui lui fait écran. De quelle déception ou de quelle traîtrise originelle s’agit-il pour le sujet mélancolique qui se défend ainsi d’un objet essentiellement défaillant et qui reporte son investissement sur un idéal supposé derrière les choses ? La collusion entre l’objet (a) et l’Idéal du moi est alors à redouter. Mais le sujet mélancolique parvient encore, dans une reprise d’intérêt pour une activité spécifique qui consiste en la composition, en l’agencement de son environnement local, à faire surgir des objets de contemplation, autrement dit des objets esthétiques susceptibles de désigner cet au-delà des choses de façon métonymique et de remplir cette fonction d’écran attribuée jusqu’à présent à la réalité. Si un tel objet semble bien relever de l’esthétique au plan philosophique, quel statut revêt-il au plan métapsychologique ?
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